Alsace : « Ca nous apporte une signature… » Des entrepreneurs lancent le label « fabriqué en Alsace »

ECONOMIE Les produits qui seront prochainement étiquetés seront très divers. De la paire de chaussettes à la brique auto-isolante

Thibaut Gagnepain
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La marque de vêtements « T'Heim » va bientôt inscrire le label «  Fabriqué en Alsace » sur certains de ses produits.
La marque de vêtements « T'Heim » va bientôt inscrire le label « Fabriqué en Alsace » sur certains de ses produits. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Après la « marque Alsace » en 2012, un nouveau dispositif a été lancé. Le « fabriqué en Alsace ».
  • Une trentaine d’entreprises de la région y adhèrent déjà et pourront étiqueter certains de leurs produits avec ce nouveau label.
  • Pour adhérer au fameux dispositif, les entrepreneurs ont dû prouver que leurs produits voyaient bien le jour dans la région. Leurs « étapes de production qui lui confèrent ses caractéristiques essentielles » doivent y avoir lieu, selon la définition officielle communiquée.

Une petite devinette pour commencer. Quel est le point commun entre une paire de chaussettes « Labonal », un portail « Tschoeppé », un tee-shirt « « T’Heim » ou même une brique auto-isolante « Wienerberger » ? Oui, tous peuvent être utilisés dans la maison… mais ce n’est pas la bonne réponse.

Surtout, tous vont bientôt fièrement arborer le label « fabriqué en Alsace ». Ce dispositif vient d’être lancé par une trentaine d'entreprises de la région, avec le soutien de l’Agence de développement locale (Adira). La même qui avait, en 2012, développé la « marque Alsace » reconnaissable à son logo ACoeur. Depuis, le dispositif s’était décliné aux produits alimentaires (« Savourez l’Alsace »), et maintenant donc à tous les autres.

La navette « Cristal » de l'entreprise « Lohr », avec le nouveau label « fabriqué en Alsace ».
La navette « Cristal » de l'entreprise « Lohr », avec le nouveau label « fabriqué en Alsace ». - Jérémy Lotz

« On a répondu à une demande de ces sociétés qui produisent sur le territoire et qui voulaient le montrer », explique Yves Demangel, directeur du pôle dédié à l’Adira. « Il y a tout un imaginaire de sérieux autour du fabriqué en Alsace. Ce label va nous donner l’occasion de le rendre plus visible et de prouver que cette image est véridique. »

Pour adhérer au fameux dispositif, les entrepreneurs ont dû prouver que leurs produits voyaient bien le jour dans la région. Leurs « étapes de production qui lui confèrent ses caractéristiques essentielles » doivent y avoir lieu, selon la définition officielle communiquée. « En clair, s’il s’agit seulement de finition ou de conditionnement ici, ça ne fonctionne pas », précise Line Dillenseger. La chef de projet qualité à l’Adira assure qu’il y aura des visites voire des audits externes si certains membres du label venaient à mentir sur les lieux de fabrication.

« C’est ce cahier des charges précis et contraignant qui nous a aussi séduits » réagit Jean Massé, des ateliers Sacker et Massé. Cette entreprise de menuiserie et d’ébénisterie n’a recours « qu’à des produits locaux. Toute notre matière première vient de forêts alsaciennes et nous la transformons ici », détaille-t-il, ravi « d’apporter une signature ». Il apposera donc le nouveau label sur ses meubles et bientôt sa literie naturelle. Même si le latex qui la composera ne sera pas issu de la région, tout simplement car il ne s’en produit pas.

Pour des produits, pas des entreprises

Cette problématique se retrouve chez d’autres entrepreneurs, comme Jérôme Seeholtz, le fondateur des vêtements « T’Heim ». « Oui, le coton arrive en rouleau car il n’y en a pas en France mais pour ces t-shirts par exemple, tout le processus de fabrication a lieu à Strasbourg. » En revanche, il ne pourra étiqueter la fameuse nouvelle marque sur ses espadrilles, élaborées dans le Pays basque.

Le « fabriqué en Alsace » est attribué à des produits, pas aux entreprises elles-mêmes. Peu importe qu’elles participent financièrement au développement du label. « On espère qu’il va prendre de l’importance rapidement », conclut Vincent Forhlicher, le directeur général de l’Adira.