Rentrée 2021 en Alsace : Pourquoi près de 1.000 élèves ont été privés de car scolaire à cette rentrée

TRANSPORT Des solutions ont déjà été trouvées mais la situation pourrait durer

Thibaut Gagnepain
— 
Des enfants qui vont prendre leurs cars scolaires (illustration).
Des enfants qui vont prendre leurs cars scolaires (illustration). — Wikicommons
  • La rentrée n’a pas été simple pour 900 des quelque 335.000 élèves alsaciens. La raison ? Ils n’avaient pas de transport scolaire.
  • Un manque qui est dû à une pénurie de chauffeurs.
  • « Nous en avons actuellement 200 alors qu’il en faudrait 260 », résume Martin Godefroy, le directeur de Kéolis Alsace. « On a cherché à en engager le plus possible, grâce à Pôle Emploi, des agences d’intérim jusqu’à 300 km à la ronde, en sollicitant des confrères mais ça n’a pas suffi », ajoute-t-il

Petit stress (supplémentaire) de rentrée ce jeudi matin pour près de 1.000 élèves alsaciens. Précisément 900, tous dans le second degré, et localisés dans le nord du Bas-Rhin, à proximité de Wissembourg, Soultz-sous-Forêts ou encore Reichshoffen.

Ces collégiens et lycéens n’ont tout simplement pas pu prendre leur habituel car scolaire pour la simple raison… qu’il ne passait pas. Pourquoi une telle désorganisation ? « Parce qu’il n’y a pas assez de chauffeurs », répond Evelyne Isinger, qui gère le dossier à la région Grand-Est, l’autorité compétente en la matière.

« Nous avons été avertis vendredi dernier que le transporteur, Kéolis, n’était pas en mesure de respecter certains horaires prévus dans le cahier des charges. Des parades ont déjà été trouvées pour 1.800 élèves avec des roulements supplémentaires pour certains chauffeurs. Mais pour 900 autres, nous n’avions pas de solution. »

Les parents, et mairies concernés ont été prévenus par voie électronique… mardi soir. « Une réaction un peu tardive », regrette l’édile de Soultz-sous-Forêts, où une dizaine d’adolescents étaient concernés. Ceux de la commune voisine et cogérée d’Hohwiller. « Les parents ont été embêtés par le timing mais se sont organisés entre eux, soit avec du covoiturage, soit avec le train. Ce n’est pas pour ça que ce n’est pas un embêtement », poursuit Christophe Schimpf en avouant « comprendre la problématique ».

Il manque 60 chauffeurs

A savoir donc cette pénurie de chauffeurs. « Nous en avons actuellement 200 alors qu’il en faudrait 260 », résume Martin Godefroy, le directeur de Kéolis Alsace. « On a cherché à en engager le plus possible, grâce à Pôle Emploi, des agences d’intérim jusqu’à 300 km à la ronde, en sollicitant des confrères mais ça n’a pas suffi », ajoute-t-il avant d’expliquer ce manque par plusieurs facteurs. « Avec la crise du Covid-19, certains se sont orientés vers le transport de marchandises, qui a explosé avec les confinements. D’autres ont aussi de l’anxiété à aller au contact des gens. »

« Des chauffeurs ne souhaitent pas se plier aux contraintes sanitaires ou tout simplement se faire vacciner », prolonge la conseillère régionale sans promettre une résolution rapide du problème. De nouvelles alternatives ont encore été trouvées dans l’urgence ce matin. Depuis ce midi, les élèves concernés peuvent ainsi prendre le train avec leur habituelle carte de transport scolaire.

Et après ? « Nous faisons appel à toutes les bonnes volontés. Les retraités de la profession seront accueillis à bras ouverts », lance Martin Godefroy. La région, elle aussi, espère susciter des vocations. « Pour cette année, nous avons ouvert une session de formation (de deux à trois mois) de 145 places mais nous peinons à la remplir », conclut Evelyne Isinger.