Strasbourg : Pourquoi l’équipe de France est de retour à la Meinau après 25 ans d’absence

FOOTBALL Kylian Mbappé et les Bleus affrontent la Bosnie-Herzégovine ce mercredi soir (20h45)

Thibaut Gagnepain
Les Bleus ont disputé un entraînement hier en début de soirée à la Meinau.
Les Bleus ont disputé un entraînement hier en début de soirée à la Meinau. — F. FIFE / AFP
  1. L’équipe de France de football dispute à Strasbourg, au stade de la Meinau, son match de rentrée. Les Bleus accueillent la Bosnie-Herzégovine ce mercredi soir (20h45).
  2. L’enceinte alsacienne sera comble. Il faut dire que l’événement est rare : les Bleus n’étaient plus venus y jouer depuis mai 1996.
  3. Pourquoi une si longue absence et pourquoi un retour maintenant ? La réponse est liée aux relations du président de la Fédération française de football Noël Le Graët avec Marc Keller, mais pas que.

De nouveaux panneaux publicitaires, pas de kop debout mais une tribune ouest avec des sièges et une jauge totale limitée à environ 22.000 places… Le stade de la Meinau est passé depuis ce lundi en version équipe de France. Une petite révolution dont l’enceinte strasbourgeoise n’avait plus l’habitude.

Oui, les filles y étaient venues en 2013 et en juin dernier et les espoirs y prennent souvent leurs quartiers à l’automne. Mais les Bleus, les vrais, n’ont plus mis les pieds dans ce stade depuis mai 1996, pour un France-Finlande (2-0) où Corentin Martins et Raynald Pedros avaient brillé.

Pourquoi une si longue absence de la capitale alsacienne ? A titre de comparaison, Montpellier et Nantes, villes aux populations intra-muros similaires, ont accueilli respectivement 4 et 5 fois l’équipe de France sur la même période… « Il y a aussi des agglomérations où les Bleus vont encore moins », nuance le président de la ligue du Grand-Est, Albert Gemmrich.

« Sans Marc Keller, il n’y aurait pas eu de match à la Meinau »

Celui qui est aussi membre du comité exécutif de la Fédération française de football (FFF) explique que le premier critère d’attribution des rencontres est souvent lié à la capacité du stade. « Car nous voulons permettre au maximum de personnes de venir. Le stade de France permet d’accueillir 80.000 personnes, sans oublier que nous payons un loyer, qui doit être rentabilisé. »

Dans tous les cas, il l’assure, c’est son président qui décide seul des lieux des matchs. Le Breton Noël Le Graët n’est ainsi pas étranger à la tenue de deux rencontres dans son (petit) fief de Guingamp depuis 2009. « Avec Marc Keller [le président du RC Strasbourg], ça faisait longtemps qu’on lui parlait de venir ici », avoue Gemmrich, sans dire ouvertement si ce jeu d’influences a pesé.

Alain Fontanel n’hésite pas, lui. « Clairement, sans Marc Keller, il n’y aurait pas eu de match à la Meinau », assure l’ancien premier adjoint à la mairie. « Il est évident que la proximité de ces deux dirigeants alsaciens, qui sont des alliés purs, a prévalu dans le choix du président de la FFF. En plus, il est de notoriété publique que Marc pourrait être un successeur potentiel de Noël Le Graët », prolonge Jean-Luc Herzog, l’ancien directeur général du RCS.

« Un encouragement pour la rénovation du stade »

« Il faut voir cette visite des Bleus comme une reconnaissance de la solidité du Racing aujourd’hui après dix ans de reconstruction mais aussi un encouragement pour la rénovation du stade qui est enfin lancée », reprend Fontanel en faisant référence à un projet qui devrait être terminé d'ici septembre 2025.

« On fera tout pour que les Bleus reviennent pour l’inauguration », promet déjà Albert Gemmrich, conscient que l’actuelle enceinte « n’est pas obsolète mais mérite un rafraîchissement ». Notamment au niveau des vestiaires, des zones d’accueil du public ou encore de la salle de presse, actuellement installée dans un… Algeco.

Tout cela ne devrait pas nuire à la ferveur habituelle, connue et reconnue. « L’Alsace est une terre de foot, tous ceux qui viennent le disent, conclut Gemmrich. J’étais là en 1996, c’était exceptionnel. Je suis sûr que ce sera pareil ! »