Strasbourg : Animaux sauvages ou non... « Deux philosophies s'opposent » au zoo de l'Orangerie

ANIMAUX La mairie ne veut plus les voir en détention, contrairement à l'association qui gère le lieu

Thibaut Gagnepain
— 
Les célèbres macaques du zoo de l'Orangerie de Strasbourg.
Les célèbres macaques du zoo de l'Orangerie de Strasbourg. — Zoo de l'Orangerie
  • Le zoo de l’Orangerie, à Strasbourg, va-t-il rester en l’état avec ses animaux sauvages ? La majorité écologiste au pouvoir n’en veut plus en l’état.
  • Elle a donné un an à l’association des amis du zoo, qui gère le lieu, pour procéder aux départs de 120 animaux sauvages. Mais aucun n’a eu lieu, l’association n’est pas d’accord.
  • Les actuels gestionnaires des lieux plaident plutôt pour un réaménagement des lieux.

La promenade est connue. A Strasbourg, le zoo de l’Orangerie a vu défiler des générations de visiteurs venus observer les macaques, flamants roses, mouflons, wallabies… Mais pas cet été. Le lieu, implanté sur 5 hectares dans le célèbre parc de la capitale alsacienne, est fermé depuis mercredi et ce, jusqu’à nouvel ordre.

« Nous avons été obligés d’en venir là parce que le dernier décret nous obligeait au déploiement du pass sanitaire. Or ce n’est pas possible au vu de notre sous-effectif », explique à 20 Minutes son directeur délégué Mathieu Pichault dans une attaque à peine voilée à la mairie de Strasbourg. Une de plus dans un conflit qui dure depuis plusieurs mois et qui oppose donc le gestionnaire de l’endroit, à savoir l’association des Amis du zoo, et son propriétaire, la ville.

« Nous n’avons plus ce regard du XIXe siècle »

La raison principale ? Le départ programmé des animaux sauvages, soit environ 120 individus sur les 130 recensés. «  Jeanne Barseghian ne l’a jamais caché depuis sa campagne électorale, elle n’en veut plus dans ces conditions de détention. Deux philosophies s’opposent. Eux, ils ne remettent pas en cause le principe de captivité et que les animaux soient considérés comme des objets de plaisir pour les humains. Nous, nous voulons ouvrir les cages et n’avons plus ce regard du XIXe siècle », justifie Marie-Françoise Hamard. Le mois dernier, la conseillère municipale en charge du dossier a même fixé un cap à l’association : elle a jusqu’à l’été 2022 pour procéder aux transferts des 35 espèces en question.

Sauf qu’aucun n’a eu lieu jusque-là. Les Amis du zoo ne veulent pas s’en séparer. D’abord car ils estiment qu’ils ne seront pas forcément mieux traités dans leurs futurs refuges et sanctuaires. « Tous les animaux sont nés ici ou viennent de particuliers qui nous les ont confiés. Nous les préservons et conservons. Les rapports d’inspection l’attestent, il n’y a pas de maltraitance », assure Mathieu Pichault, qui est aussi vétérinaire.

Comme lui, les actuels gestionnaires des lieux plaident plutôt pour un réaménagement. « L’association en réclame la réhabilitation depuis deux décennies mais que c’est la municipalité qui a refusé de s’engager », avait même rappelé son secrétaire général Albert Bour dans unetribune publiée dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 21 juin.

Un zoo d’animaux de la ferme ?

Ce même jour, le conseil municipal avait attribué aux Amis du zoo une nouvelle subvention… au rabais. D’environ 270.000 euros annuels à 250.000. « La partie (70 % du total) sur le nourrissage et l’entretien des animaux sauvages va baisser d’un douzième chaque mois », précise Marie-Françoise Hamard, bien consciente que cette mesure devrait avoir raison des dernières résistances. « Nous ferons un point d’étape en septembre et en décembre afin de garder le dialogue », annonce-t-elle encore en espérant un accord « car il y a aussi beaucoup de points de convergence entre nous ».

Notamment sur la possible création d’un bassin d’accueil des tortues exotiques qui pullulent dans le parc. « On a aussi proposé de devenir un centre de soins pour la faune sauvage car il n’y en a pas à Strasbourg », ajoute encore Mathieu Pichault en disant « accepter les changements ». Mais pas ceux qui visent à transformer l’actuel zoo en parc animalier pédagogique et familial, avec uniquement des animaux de ferme.