Alsace : Le « grand contournement ouest » de Strasbourg pourrait être encore retardé

ENVIRONNEMENT L’Association Alsace Nature a obtenu auprès du tribunal administratif une nouvelle étude d’impact globale environnementale du Grand contournement ouest de Strasbourg et une enquête publique complémentaire

Gilles Varela

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Des opposants au GCO devant l'hôtel du préfet où se tenait la réunion du Coderst. Strasbourg le 28 aout 2018.
Des opposants au GCO devant l'hôtel du préfet où se tenait la réunion du Coderst. Strasbourg le 28 aout 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Des requêtes contre le Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) avaient été déposées en 2018 par l’association Alsace nature pour le compte du collectif GCO non merci au tribunal administratif de Strasbourg.
  • Ces recours n’avaient pas permis de suspendre les travaux autorisés par plusieurs arrêtés préfectoraux.
  • La décision du tribunal administratif rendue mardi 20 juillet 2021 demande une nouvelle étude d’impact globale environnementale et une enquête publique complémentaire à rendre d’ici à dix mois, ce qui risque de retarder la mise en service de la nouvelle portion d’autoroute, longue de 24 kilomètres et pourtant prévue dans quelques mois.

Si le chantier du futur Grand contournement autoroutier ouest de Strasbourg (GCO) est presque arrivé à son terme – les panneaux de signalisation sont déjà en cours d’installation – une nouvelle bataille juridique risque de retarder son ouverture à la circulation, prévue dans quelques mois à peine. L’Association Alsace Nature, au nom du collectif GCO non merci, avait déposé un « package de six recours » en septembre 2018, auprès du Tribunal administratif de Strasbourg. Des recours contre les arrêtés préfectoraux autorisant les travaux et qui selon eux, n’étaient pas légaux. Les décisions du tribunal ont finalement été publiées ce mardi et donnent en partie raison à l’association, mais ne suspendent pas les travaux, ces derniers étant trop avancés.

Le tribunal administratif demande la réalisation d’une étude d’impact globale environnementale et une enquête publique complémentaire avec une saisine de l’autorité environnementale. Pour faire simple, l’Etat a dix mois pour rédiger de nouveaux arrêtés et régulariser la situation. Conséquence, la mise en service de la nouvelle portion d’autoroute, longue de 24 kilomètres, pourrait être retardée de plusieurs mois, voire au printemps 2022 et peut-être plus s’il y a appel.

« Ça n’empêchera pas le projet d’aboutir »

« Cela renforce ce que l’on dit depuis des années et plusieurs avis négatifs sur le projet qui pointaient les insuffisances des compensations environnementales, se félicite Bruno Dalpra, l’un des porte-paroles de GCO non merci. Ces compensations ne sont pas suffisamment pérennes dans le te temps, notamment sur la biodiversité, le grand Hamster… C’est quand même une victoire importante pour nous. Les décisions du tribunal donnent raison à cinq des six recours. Cela nous fait plaisir même si l’on se doute bien, vu l’avancement des travaux, que cela n’empêchera pas le projet d’aboutir. »

Rappelant que la bataille se porte désormais sur la qualité de l’air, l’évolution du trafic routier, Bruno Dalpra prévient. « On a perdu la bataille de la terre, mais il reste encore le combat pour le climat. Et dans le climat, il y a le trafic automobile et routier qui est pointé. C’est une continuité au niveau de notre combat et nous utiliserons toutes les cartouches disponibles pour le mener. »