Strasbourg : « Maintenant, faut payer la facture ! »... Très endettés, les hôpitaux universitaires réclament des aides de l'état

SANTE Le plus grand établissement de santé du Grand-Est possède aujourd'hui une dette de près 500 millions d'euros.

Thibaut Gagnepain
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L'entrée du Nouvel hôpital civil, à Strasbourg.
L'entrée du Nouvel hôpital civil, à Strasbourg. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) tirent la sonnette d’alarme. Ils sont très endettés et ne voient aucune aide de l’Etat arriver…
  • « On devait avoir une réponse de l’Agence régionale de santé début juillet mais on ne voit rien venir. Alors on s’inquiète », confirme à 20 Minutes le professeur Emmanuel Andres.
  • « Nous avons plus de 400 millions d’euros d’emprunt à rembourser, un déficit de 70 millions en 2021 et une dette reconductible de 50 à 60 millions par an », détaille le professionnel de santé.

Une enveloppe de 420 millions d’euros pour l’hôpital de Nancy, une de 240 millions pour celui de Bordeaux et… rien à Strasbourg ? C’est la question que se pose depuis quelques jours la communauté médicale du plus grand établissement de santé du Grand-Est.

« Dans le cadre du Ségur de la santé, on devait avoir une réponse de l’Agence régionale de santé début juillet mais on ne voit rien venir. Alors on s’inquiète », confirme à 20 Minutes le professeur Emmanuel Andres. Le président de la commission médicale des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ne lance par hasard pas cet appel aux aides de l’Etat. C’est un besoin vital : le premier employeur d'Alsace présente des comptes dans le rouge écarlate…

« Nous avons plus de 400 millions d’euros d’emprunt à rembourser, un déficit de 70 millions en 2021 et une dette reconductible de 50 à 60 millions par an », détaille le professionnel de santé, avant vite d’écarter la théorie de la mauvaise gestion. « Tout ça s’explique par des gros besoins d’investissements sur nos fonds propres au Nouvel Hôpital Civil (NHC), dans les bâtiments d’Hautepierre 2 ou avec la création de l’Institut de cancérologie (Icans). On ne s’est pas payé des montres ou des Ferrari ! Nous avons répondu à des besoins et maintenant, faut payer la facture. »

« On ne pourra plus jouer longtemps en Division 1 »

En ce sens, les aides promises pour l’amélioration et la modernisation du système de santé post-Ségur semblaient tomber à pic. Sauf que sur le 1,27 milliard d’euros alloué au Grand-Est, les HUS n’ont aujourd’hui aucune visibilité. « On a l’impression d’être les oubliés », répète le professeur Andres en craignant, à terme, des conséquences sur l’établissement. « Pour prendre une métaphore footballistique, on ne pourra plus jouer longtemps en Division 1. Ça mettra en péril l’excellence des soins et on ne pourra plus investir, recruter des soignants, garder de jeunes talents… »

Un scénario catastrophe qui résonne aujourd’hui comme un signal d’alerte. A-t-il entendu par l’ARS du Grand-Est ? Elle n’a pas donné suite aux sollicitations de 20 Minutes.