Illkirch-Graffenstaden : L'arrêté « anti-quad » a-t-il été utile ?

SECURITE Le maire d'Illkirch-Graffenstaden avait interdit début mars la circulation des quads « sur l’ensemble des secteurs urbanisés du ban communal »

Thibaut Gagnepain
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Illkirch-Graffenstaden : L'arrêté « anti-quad » a-t-il été utile ? (illustration)
Illkirch-Graffenstaden : L'arrêté « anti-quad » a-t-il été utile ? (illustration) — Sipa
  • Début mars, le maire d’Illkirch-Graffenstaden, à côté de Strasbourg, avait pris un arrêté « anti-quad ».
  • Qu’en est-il quatre mois plus tard ? A-t-il été utile ? « Beaucoup de constatations ont été effectuées et il y a maintenant une réponse systématique à tout excès, ce qui n’était pas le cas avant », répond l’élu, Thibaud Philipps.
  • Le texte a pourtant des limites et n’a pas de valeur juridique supérieure au Code de la route.

Des tours, des contours et surtout beaucoup de bruit. Quelques quads avaient fini par exaspérer de nombreux habitants d’Illkirch-Graffenstaden, une ville d’environ 30.000 habitants située à côté de Strasbourg. Les plaignants ont été entendus par leur maire et début mars, Thibaud Philipps a pris un arrêté. La circulation de ces fameux véhicules, comme celle des minimotos, est depuis interdite « sur l’ensemble des secteurs urbanisés du ban communal ».

Quatre mois plus tard, quel est le résultat de cette décision ? « Elle a porté ses fruits, j’ai encore deux procédures à ce sujet dans mes dossiers », assure l’élu Les Républicains, édile depuis un an. « Beaucoup de constatations ont été effectuées et il y a maintenant une réponse systématique à tout excès, ce qui n’était pas le cas avant. »

« L’arrêté a sensibilisé », prolonge son directeur de cabinet Patrick Guégan en reconnaissant toutefois quelques limites au texte. Car les quads, à condition qu’ils soient immatriculés et homologués, ont bien le droit de circuler sur la voie publique. Leur conducteur, avec permis en règle, est alors soumis au même Code de la route qu’au volant de n’importe quel autre véhicule.

« Cela signifie qu’il a tout à fait le droit de tourner toute l’après-midi autour de votre domicile du moment qu’il respecte toutes les limitations, n’a pas modifié son pot d’échappement pour faire du bruit, garde ses gants et son casque, possède une assurance, etc. », résume l’adjoint à l’unité en charge de la sécurité routière à la Direction départementale de la sécurité publique du Bas-Rhin (DDSP 67). « Mais s’il commence à faire n’importe quoi comme avoir un comportement dangereux, on peut entrer dans le cas d’un délit de rodéo. » Qui peut alors mener jusqu’à une peine de prison, une grosse amende et la destruction du véhicule.

« Effet pédagogique »

Rien de tout cela n’a été relevé à Illkirch-Graffenstaden au sujet d’un quad. Précisément, seule une contravention de première classe, soit 38 euros, a été dressée contre le pilote de l’un d’entre eux. « Car il roulait dans un square, ce qui est interdit », détaille le directeur de cabinet du maire en insistant sur « l’effet pédagogique » de cet arrêté qui n’a pas de valeur juridique supérieure au Code de la route. « Le maire a remis en exergue cette obligation de ne pas faire n’importe quoi. C’est d’un côté dissuasif et de l’autre rassurant, surtout auprès de la population car elle a souvent le sentiment d’une certaine impunité. »

La ville compte d’ailleurs poursuivre dans le sens d’une politique sécuritaire. D’ici la fin du mandat, Thibaud Philipps promet l’installation « d’une centaine de caméras » avec l’inauguration d’un centre de surveillance. Où il sera aussi possible de vérifier les bons comportements des pilotes de quads…