Strasbourg : Pourquoi les poubelles bleues vont rétrécir

PLANETE L’Eurométropole de Strasbourg va expérimenter une taxe d’enlèvement ménagère incitative (TEOMi), « une première en France à l’échelle d’une agglomération de 500.000 habitants »

Gilles Varela
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Poubelles bleues illustration. Strasbourg le 5 juillet 2021.
Poubelles bleues illustration. Strasbourg le 5 juillet 2021. — G. Varela / 20 Minutes
  • Dans le cadre du plan climat 2030, l’Eurométropole veut accélérer la réduction des déchets.
  • Un des leviers sur lequel l’Eurométropole peut s'appuyer est la taxe sur l’enlèvement des ordures ménagères.
  • L’Eurométropole va expérimenter une taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative (TEOMi) dans quatre secteurs de l’agglomération.
  • Elle sera basée sur le volume des bacs de déchets, et non sur le poids et la levée.

L’Eurométropole de Strasbourg (EMS) va accélérer la mise en œuvre du Plan Climat 2030, dont un des objectifs est de diminuer de 15 % la totalité des déchets ménagers. Elle souhaite réduire de moitié le volume de déchets ménagers avec un plan 2021-2026 qui insiste sur la réduction et la valorisation des déchets et espère, entre autres, réduire de moitié la poubelle bleue (le tout-venant non trié) des habitants.

Pour y parvenir, l’EMS prévoit une Taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative (TEOMi). Après plusieurs programmes qui ont déjà permis de réduire et valoriser les déchets (comme le plan « zéro gaspillage zéro déchets », des actions qui ont permis d’abaisser de 17 kg les quantités de déchets collectés par les habitants entre 2015 et 2019), la collectivité veut amplifier cette dynamique. Elle souhaite pour cela expérimenter une nouvelle tarification d’enlèvement des ordures, déjà testée dans une vingtaine de communes en France depuis 2019. Une expérimentation réalisée sur le terrain par 33.000 habitants, à Eckbolsheim, Holtzheim, Niederhausbergen et Cronenbourg à Strasbourg. Tous les types d’habitats sont concernés.

Taxe au volume et plus au poids

« Il faut sortir de la poubelle ce qui peut l’être pour réduire l’incinération et favoriser la transition énergétique » a expliqué la vice-présidente de l’EMS Fabienne Baas, en charge de la réduction, de la gestion et de valorisation des déchets, lors du dernier Conseil de l’Eurométropole. « Il faut récompenser les efforts réalisés par une tarification juste et incitative, qui permet de renforcer la pertinence de tous les autres dispositifs, assure la vice-présidente. La tarification incitative ne pourra qu’amener le consommateur à réfléchir à la gestion de ses déchets, et lui permettre de devenir acteur en les réduisant et en les triant au maximum. » D’ailleurs, pour l’aider à diminuer les déchets de sa poubelle bleue, certains plastiques comme les blister, les pots de yaourt, pourront ultérieurement se glisser dans les poubelles jaunes afin d’être recyclés.

Actuellement, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères est basée sur la valeur locative du logement. Avec la TEOMi, celle-ci sera composée d’une part fixe, (dont la part n’est pas encore définie) et d’une part variable. Cette part variable sera basée sur le volume des bacs de déchets, et non sur le poids et la levée. Concrètement, la tarification incitative sera établie en fonction du volume que l’habitant, le bailleur ou le syndic choisiront. En gros, plus la poubelle bleue sera petite et moins la taxe d’enlèvement sera importante. « C’est une première en France à l’échelle d’une agglomération de 500.000 habitants » assure Fabienne Baas. Mais pas de panique, les choses se feront progressivement avec une enquête « retour » auprès des ménages dès 2022 puis des étapes avec l’objectif d’atteindre l’ensemble de l’Eurométropole en 2027.