Alsace : Le Concordat est « utile à la relation entre l'Eglise et l'Etat », selon le n°2 du Vatican

RELIGION Le cardinal Pietro Parolin était en visite à Strasbourg dimanche

Thibaut Gagnepain
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Le cardinal Parolin à Berlin fin juin.
Le cardinal Parolin à Berlin fin juin. — Tobias Schwarz / AFP
  • Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a jugé le Concordat en Alsace et Moselle « utile à la relation entre l’Eglise et l’Etat » lors d’une visite dimanche à Strasbourg.
  • En Alsace  et en Moselle, la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’applique pas. Pourquoi ? Tout simplement car au moment de son adoption, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle étaient annexés à l’Empire allemand.
  • Interrogé sur la possibilité d’une extension du Concordat à l’islam, comme le réclamait Adil Tyane, candidat éliminé au premier tour de l’élection régionale , le cardinal Parolin a souligné la difficulté, pour l’Etat, à « trouver un interlocuteur » unique, qui parle au nom de tous les musulmans.

C’est une exception française. En Alsace et en Moselle, la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’applique pas. Pourquoi ? Tout simplement car au moment de son adoption, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle étaient annexés à l’Empire allemand. Puis, après la Première guerre mondiale, ces départements avaient milité pour conserver leur droit local, qui couvre également le droit du travail ou la législation sociale.

Les cultes religieux y restent donc régis par la loi du 8 avril 1802, comprenant le Concordat de 1801 conclu entre Bonaparte et le pape Pie VII, étendu aux autorités protestantes et juives.

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a jugé ce Concordat « utile à la relation entre l’Eglise et l’Etat » lors d’une visite dimanche à Strasbourg, à l’occasion du jubilé célébrant les 1.300 ans de la mort de Sainte Odile. « Pour le futur, je pense que le régime du Concordat est utile à la relation entre l’Eglise et l’Etat », a déclaré le cardinal Parolin au cours d’une conférence de presse. « C’est un instrument qui est encore valable. Je pense que l’on peut continuer comme ça, malgré le fait que dans le reste du territoire français, il n’y a pas d’accord entre l’Eglise et l’Etat », a-t-il ajouté.

Régulièrement sujet à débat, le Concordat a récemment été remis en cause par le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, et par des membres de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon en tête.

Un Concordat étendu à l’Islam ?

Le Concordat « est le résultat de l’histoire », a encore déclaré le cardinal Parolin. « C’est un fait, l’histoire s’est développée d’une façon différente dans le reste de la France et dans l’Alsace et la Lorraine. C’était des événements douloureux, et quand on parle de Concordat on parle de toute l’histoire qui est derrière. Il faut être respectueux de l’histoire. »

Interrogé sur la possibilité d’une extension du Concordat à l’islam, comme le réclamait Adil Tyane, candidat éliminé au premier tour de l’élection régionale dans le Grand-Est, le cardinal Parolin a souligné la difficulté, pour l’Etat, à « trouver un interlocuteur » unique, qui parle au nom de tous les musulmans. « Quand on parle de Concordat, on parle entre autorités qui ont les pleins pouvoirs sur leurs communautés respectives. C’est plus difficile pour l’islam, il n’y a pas une autorité pour tous. Je ne sais pas si l’on peut surmonter cette difficulté », a conclu le cardinal.