Occupation en douceur sur le campus

Ludovic Meignin

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Une contestation de plus en plus protéiforme à l'Université de Strasbourg (UDS). Désormais, les actions contre les réformes de l'Enseignement supérieur public ne se limitent plus aux manifestations. A l'Institut Le Bel, depuis hier, une vingtaine d'étudiants ont décidé d'occuper dans la journée le hall principal. Sur les murs, des panneaux où l'on peut lire au feutre noir : « Halte au fatalisme, défendez votre avenir ». Une assemblée générale est prévue demain à 13 h. « Notre but n'est pas de perturber les cours, mais d'informer sur ce qui est en train de se passer à l'université, indique une jeune femme. Nous mettons à la disposition des étudiants les textes de réformes comme celui de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). »

Une action généralement bien accueillie par les intéressés. A l'image de Julien, 19 ans, en première année de psychologie, à la faculté Louis-Pasteur, composante de l'UDS : « C'est très important d'exprimer son opinion, mais en laissant chacun libre de son degré d'implication dans le mouvement. C'est donc une très bonne chose que les organisateurs aient choisi d'occuper plutôt que de bloquer les lieux », estime-t-il. Sur le contenu des réformes, il est mitigé : « Il y a des choses positives dans la LRU, comme l'autonomie donnée aux universités. Concernant les enseignants-chercheurs, je comprends leur mécontentement car ils ne savent pas vraiment comment ils vont être évalués à l'avenir ».

Marion, en première année de psycho aussi, est beaucoup plus critique. « la LRU met en concurrence les universités et les filières. La loi prévoit notamment que les fonds apportés par le privé peuvent être fléchés vers certains domaines de recherche. La philosophie, par exemple, risque de ne pas être considérée comme « rentable ». Or, si le savoir devient une marchandise, où va-t-on ? », soutient-elle en regrettant que « beaucoup d'étudiants ne se rendent pas compte des conséquences directes que cela aura sur leurs études ». ■