Sur TikTok et Instagram, des étudiants luttent contre le harcèlement et le cyberharcèlement scolaire

RESEAUX SOCIAUX Des étudiants de l'université de Strasbourg ont déposé un projet à destination de lycéens de l'académie pour lutter contre le harcèlement et le cyberharcèlement scolaire

Gilles Varela

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Illustration élèves dans une école.
Illustration élèves dans une école. — G. VARELA / 20 MINUTES
  • Dans leur projet « d’égal à égal », des étudiants en DUT information communication de l’IUT Robert-Schuman de l’université de Strasbourg ont utilisé TikTok ou Instagram pour lutter contre le harcèlement et le cyberharcèlement scolaire.
  • Sur les réseaux sociaux, ils proposent aux collégiens ou lycéens des solutions pour trouver de l’aide, « pour en parler », oser aborder « frontalement » la question avec ses parents et ne pas rester seul face au harcèlement.

Le harcèlement et le cyberharcèlement se sont autant répandus cette année que l’épidémie de coronavirus. Rien que pour l’année dernière, l’association e-Enfance a enregistré une hausse de 57 % des cyberviolences sur sa ligne d’assistance Net Ecoute, une plateforme de protection des mineurs sur Internet et d’aide à la parentalité numérique. Comme redouté, cette augmentation des cas témoigne de la violence présente sur la toile et qui touche particulièrement les plus jeunes, les collégiens, « toujours sur leur portable ». Faire  le constat sur le cyberharcèlement, qui a plus que doublé en un an, c’est aussi faire le constat d’une certaine impuissance de l’ensemble des intervenants (famille, Education nationale, témoin passif) mais aussi les amener à mieux identifier leur propre profil : victime, harceleur, suiveur, témoin passif, témoin engagé lors de cas de harcèlement.

C’est à partir de cette triste réalité que des étudiants en DUT information communication de l’IUT Robert-Schuman de l’université de Strasbourg ont travaillé un projet nommé « d’égal à égal » à destination de lycéens de l’académie. Un projet pédagogique de lutte contre le harcèlement et le cyberharcèlement scolaire dans le cadre d’un concours qui confronte plusieurs universités françaises. La finale entre les quatre projets qualifiés est prévue pour le 25 juin prochain, mais l’importance n’est pas là pour les étudiants.

Un besoin d’information et d’écoute

Après un tour de table avec leur chargé de projet, le professeur Martial Libera
maître de conférences HDR en histoire contemporaine, le groupe d’étudiants a une nouvelle fois pu constaté qu’ils étaient plusieurs, dans leur propre groupe, à en avoir frais les frais au cours de leur scolarité. Ils se sont alors saisis de cette question avec des questionnaires diffusés en ligne, en partenariat avec des élus du Conseil académique de la vie lycéenne de l’académie de Strasbourg, les étudiants d’Illkirch. Objectif, « faire un état des lieux, mettre des mots sur les actes, identifier le harcèlement, connaître les peines encourues, sensibiliser et informer » expliquent de concert Maëlys Ziani-Nadal et Alice Daniel, deux des étudiantes du projet. « Nous nous sommes rendu compte à quel point les personnes harcelées ne savent pas à qui s’adresser. Nous avons dû leur communiquer tous les numéros en notre possession et ils étaient vraiment preneurs. Parfois ils ne connaissent même pas les numéros essentiels. »

Notre dossier sur le cyberharcelement

En passant par des vidéos TikTok, ou un compte Instagram, Harc’helpers, les étudiants ont proposé des solutions pour trouver de l’aide, « pour en parler », oser aborder « frontalement » la question avec ses parents et ne pas rester seul face au harcèlement. « Nous avons eu beaucoup de retours sur le manque d’écoute, d’implication des enseignants, des équipes pédagogiques, du personnel administratif » font remarquer les étudiantes. Reste donc un long chemin à parcourir pour endiguer ce fléau, même si, comme le font remarquer Ziani-Nadal et Alice Daniel, « chacun peut et doit agir, à sa manière et à son échelle ».