Fusion et métropole, ou l'Alsace vue par le comité Balladur

Philippe Wendling

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Un redécoupage encore flou pour les élus. Le comité de réflexion piloté par Edouard Balladur a achevé hier son rapport en vue « d'une réforme profonde et ambitieuse du mode d'administration du territoire national ». Le document, qui devrait être présenté au président de la République le 5 mars, vise à réduire les strates administratives dans un souci d'économie, au travers d'une vingtaine de propositions. Parmi elles, « favoriser les regroupements volontaires de régions », afin de diminuer leur nombre de vingt-deux à quinze. De fait, l'Alsace et la Lorraine pourraient fusionner, si elles le désiraient. Qualifiant l'idée de « faux débat », Adrien Zeller, président (UMP) du conseil régional, a précisé hier que les deux voisines « collaborent déjà sur de nombreux dossiers, tels que le TGV. La fusion ne repose donc pas sur une réalité effective et aucune demande en ce sens n'a jamais été faite. »

Autre proposition du rapport, la création d'un statut de « métropole » pour huit grandes villes, dont Strasbourg. Elle disposerait ainsi de nouvelles compétences, notamment dans le secteur social, jusqu'à présent dévolu au conseil général du Bas-Rhin. Les conclusions de la commission Balladur n'étant pas encore publiques, Jacques Bigot, président (PS) de la communauté urbaine de Strasbourg, n'a pas tenu hier à formuler d'« analyses » ou de « critiques » sur le sujet. Il a néanmoins estimé que « les transferts de compétences du département en direction des métropoles ne sont pas la question essentielle. Si demain, la CUS se voyait attribuer la compétence de l'action sociale exercée par le département sur les 27 autres communes que Strasbourg [qui en a déjà la délégation], nous ne serions pas pour autant une métropole. » Ainsi, selon lui, le débat réside avant tout dans « l'efficacité de la redistribution des compétences et les moyens financiers de les assumer ». ■