La colère des amphis s'amplifie

Ludovic Meignin

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La grève à l'université de Strasbourg (UDS) est entrée dans sa quatrième semaine. Même s'il y a moins de monde sur le campus de l'Esplanade, vacances scolaires obligent, les actions de contestation ne faiblissent pas. Le mouvement s'est même durci, puisque le Patio est maintenant bloqué jour et nuit. Ils étaient ainsi une centaine d'étudiants à occuper hier le hall d'entrée du bâtiment abritant les salles de cours des sciences humaines. Certaines d'entre elles ne sont plus accessibles, bloquées par un empilement de chaises et de tables sur lequel est inscrit : « Mur des lamentations ».

Pas très loin de cet obstacle improvisé, un panneau clame que « l'éducation n'est pas une marchandise ». « Ce gouvernement détruit nos services publics au profit d'une minorité. L'unique solution est la construction d'un rapport de force, mobilisons-nous », affirme un tract. De mobilisation, il en sera question lors de l'assemblée générale qui doit se tenir aujourd'hui à 13 h dans l'amphithéâtre du Patio. L'organisation d'une manifestation jeudi devrait être à l'ordre du jour. Rodolphe, étudiant non syndiqué, prévoit d'y participer. Se destinant à l'enseignement, il dit « s'inquiéter des conséquences de la réforme de la mastérisation ». Une préoccupation partagée par les enseignants-chercheurs, réunis hier en assemblée générale, non loin du Patio. « La question qui se pose est plus globale que celle de notre statut. La mastérisation risque d'aboutir à une formation au rabais des professeurs. Ils devront enseigner à temps plein dès qu'ils seront titulaires d'un master [bac + 5], sans bénéficier d'un stage digne de ce nom », a confié l'un d'eux à l'issue de la réunion. ■