Les transports, vecteur anti-crise

Philippe Wendling

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« La reine d'Angleterre n'aurait pas été mieux accueillie », a lâché hier Guillaume Pépy, le président de la SNCF à Patrick Devedjian, ministre du plan de relance. Les deux hommes ont visité dans la matinée le technicentre de Bischheim dans le cadre des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la crise. À l'extérieur des bâtiments du site spécialisé dans la rénovation de rames TGV, c'est une flopée de cheminots en gilet orange qui ont guidé leur arrivée. A l'intérieur, d'autres ont pris le temps de leur expliquer leurs travaux de calage d'essieux ou de reprofilage de disques de freinage. « Je ressortirai d'ici avec un peu d'orgueil, un peu de fierté de mon pays. Je fais un cocorico parce qu'il y a une part de génie français dans ce que vous faîtes », s'est enthousiasmé Patrick Devedjian. « Nous sommes dans le coeur de la grande vitesse », s'est réjoui de son côté Guillaume Pépy, justifiant l'enveloppe budgétaire particulière accordée aux ateliers.

En marge du plan de relance de l'économie instauré par le gouvernement, la SNCF va en effet investir 400 millions d'euros d'ici à décembre. Parmi eux, 61 millions d'euros seront injectés au technicentre de Bischheim en vue de l'installation de connexions Internet dans les trains de la LGV-Est, et de la révision du parc TGV national. Seize rames devraient ainsi être entièrement remises à neuf cette année, contre une douzaine l'an passé. « Cela va nous permettre d'embaucher environ cinq personnes pour le service engineering et entre trente-cinq et quarante autres pour la production, explique Philippe Deschamps, directeur du technicentre. Notre objectif est d'arriver ainsi à dépasser les 1 000 emplois sur le site au cours de l'année. »

Attente non comblée hier : des annonces quant à la réalisation de la deuxième phase de la LGV-Est, entre Baudrecourt (Moselle) et Vendenheim. Estimé à 2 milliards d'euros, son financement est toujours à quai, alors même que le démarrage des travaux est prévu en 2010. Dans le cadre du plan de relance, le président de la République avait annoncé la mobilisation de 35 millions d'euros pour des travaux préparatoires. « L'Etat est en train d'organiser un tour de table financier sur la question, a expliqué Patrick Devedjian. Nous sommes en plein dedans. » Même son de cloche du côté du président UMP de la région, Adrien Zeller. « Nous sentons ces dernières semaines un dégel chez les uns et les autres, et les propositions commencent à se rapprocher de ce que chacun est en possibilité de faire, estime-t-il. Les négociations devraient aboutir au printemps. » Sans vouloir avancer de chiffres, il a néanmoins confié à 20 Minutes que le gouvernement devrait « revoir à la hausse de manière directe et indirecte ses engagements ».

En matière de transport toujours, Patrick Devedjian a également renouvelé hier la « détermination totale » de l'Etat dans la création du Grand contournement ouest. Dans les cartons depuis une trentaine d'années, le projet dit GCO vise à relier par une autoroute à péage l'A 4, à Vendenheim, à l'A 35-A 352, à Duttlenheim. Bien que décrié, notamment par les écologistes, il avait fait l'objet d'une mention du Premier ministre, François Fillon, au début du mois, lors de la présentation des mille projets retenus pour le plan de relance. ■