La contestation universitaire ne faiblit pas

Ludovic Meignin

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La grogne contre les réformes de l'université prend de l'ampleur sur le pavé strasbourgeois. Les manifestants étaient plus nombreux hier que lors du dernier défilé il y a une semaine. Ils étaient 2 300 selon la police et 4 000 d'après les organisateurs. Des lycéens se sont joints au cortège en tête duquel une banderole clamait « non à la casse du service public de l'enseignement ». Ainsi, l'annonce « d'un nouveau texte dans les semaines qui viennent » sur le statut des enseignants-chercheurs, faite hier au Sénat par la ministre de l'enseignement supérieur (UMP) Valérie Pécresse, semble ne pas avoir apaisé la grogne dans les universités.

Les enseignants-chercheurs sont toujours aussi remontés contre le gouvernement. « C'est la première fois que l'on nous impose une réforme de cette importance sans aucune concertation préalable. Nous ressentons un profond mépris de la part du gouvernement et nous sommes aussi inquiets pour l'avenir de nos étudiants », explique Jean-Yves Marc, professeur d'archéologie romaine à l'université de Strasbourg. Sur le fond, il dénonce une dérive « vers un savoir de plus en plus considéré comme une marchandise ». Thierry Petit, un collègue spécialisé en histoire grecque qui affirme n'avoir fait grève que deux fois en vingt ans de carrière, renchérit : « On veut orienter la recherche vers des sujets imposés. Ce n'est pas acceptable. » Les conséquences de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) étaient aussi largement décriées au sein du cortège. Particulièrement la disposition relative à l'allocation des moyens aux établissements en fonction de leurs taux de réussite. Pierre, étudiant à Strasbourg, est opposé « à la concurrence des universités en matière de financement » et affirme « défendre le droit à l'éducation publique accessible à tous ». A l'issue de la manifestation, une partie du cortège s'est rendue place de l'Homme-de-Fer pour y interrompre momentanément le trafic du tramway. ■