Grand-Est : Pourquoi faire le pari du bioéthanol pour les voitures essence ?

TRANSPORTS Victime de son succès, l’opération de la région Grand-Est « 1.000 boîtiers bioéthanol à 1 euro », qui vise à augmenter le pouvoir d’achat des propriétaires de véhicules essence et favoriser la transition énergétique va être renouvelée

Gilles Varela

— 

Illustration. Station service, essence.
Illustration. Station service, essence. — G. VARELA /20 MINUTES
  • L’E85, un carburant composé entre 65 et 85 % de bioéthanol, est vendu bien moins cher que les autres carburants « essence ».
  • La région Grand-Est, la plus grande productrice en France de ce biocarburant, renouvelle son opération « 1.000 boîtiers E85 pour 1 euro ». Un kit éthanol homologué par l’Etat permettant de convertir sa voiture essence à ce carburant.
  • Le bioéthanol, produit à partir de cultures agricoles comme la betterave, le blé ou encore le maïs, permettrait selon la Région, d’aider le pouvoir d’achat des familles, de soutenir l’économie agricole et le secteur d’activité des garagistes et des mécaniciens.

A peine relancée, déjà couronnée de succès. L’opération de la Région Grand-Est pour 1.000 boîtiers bioéthanol à 1 euro pour convertir à un biocarburant les voitures des particuliers qui roulent à l’essence, a une fois encore rencontré un vif succès. En quelques jours, « plus de 1.600 demandes ont été faites, se félicite Jean Rottner, le président de la Région. Cela va donc être prolongé de manière forte parce que  c’est une aide au pouvoir d’achat, à notre économie agricole, un soutien aux garagistes et aux mécaniciens. »

Deux fois moins cher que son équivalent fossile à la pompe (le SP95), ce biocarburant est parfois appelé bioéthanol, superéthanol ou encore E85 en raison de son pourcentage d’alcool. On peut en trouver dans près de 200 stations-service (50 %) dans la région. Ce « nouveau carburant » a pour double avantage de coûter moins cher mais aussi de contribuer à la transition écologique.

Le Grand-Est premier producteur en France de bioéthanol

Un aide au développement de ce biocarburant qui tombe à point car le Grand-Est est la deuxième région productrice de betteraves sucrières et de blé tendre, composants qui servent à produire, une fois distillés, le bioéthanol. De quoi peut-être expliquer aussi que la Région est la plus importante productrice française de bioéthanol, soit 40 % de la production nationale, ce qui lui permet de revendre son excédent (cinq fois plus de bioéthanol est produit dans le Grand-Est que consommé) à d’autres régions françaises et même exporté dans l’Union européenne ou au Royaume-Uni.

Une aide financière mais aussi un bon coup de pouce à la transition énergétique car le bioéthanol, produit à partir de résidus agro-industriels permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 70 % par rapport à l’essence fossile. Fabriqué dans des distilleries implantées à proximité des exploitations agricoles et à partir de biomasse, ce biocarburant a de quoi séduire les propriétaires de véhicules essence (mais malheureusement pas diesel) et les collectivités qui multiplient les aides, même si son impact environnemental est souvent contesté par les écologistes. Des reproches qui devraient cependant être amenés à disparaître avec l’étude de bioéthanol deuxième génération, (à partir de déchets verts) et pourquoi pas troisième génération, peut-être à base d’algues vertes.

L’opération sera donc reconduite à compter du 1er juin prochain avec un premier lot de 1.000 boîtiers à 1 euro, pour une installation sur le véhicule plafonnée à 900 euros, puis une deuxième vague, une fois les 1.000 boîtiers épuisés, de 5.000 boîtiers mais cette fois soutenus à hauteur de 500 euros. Déjà 2.700 véhicules ont pu être convertis depuis la mise en place du dispositif en 2019 et près de 180 garages sont à présent habilités dans le Grand-Est à installer un boîtier E85 homologué par l’Etat. De quoi se tenir près pour la prochaine aide dès juin, car il n’y en aura certainement pas pour tout le monde…