Mosquée de Strasbourg : Les porteurs du projet ont « retiré » leur demande de subvention

RELIGION Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait notamment dénoncé cette subvention

20 Minutes avec AFP

— 

La Grande mosquée Eyyub Sultan à Strasbourg le 23 mars 2021.
La Grande mosquée Eyyub Sultan à Strasbourg le 23 mars 2021. — G. Varela / 20 Minutes

Constatant « le besoin de consolider leur plan de financement », les « porteurs du projet » de la nouvelle mosquée de Strasbourg ont « retiré le 15 avril leur demande de subvention » municipale, a annoncé la maire (EELV) de Strasbourg, Jeanne Barseghian, dans une tribune publiée ce vendredi par les Dernières Nouvelles d’Alsace.

« Je prends acte de ce retrait et la Ville ne versera donc pas en l’état de subvention pour la poursuite de la construction de la mosquée », écrit Jeanne Barseghian.

Une subvention de 2,5 millions d’euros

La maire de la capitale alsacienne rappelle avoir « conditionné le versement d’une subvention à la confirmation par l’association de son inscription dans les principes républicains et à la présentation d’un plan de financement transparent et consolidé ».

L’Etat et la mairie écologiste avaient engagé un bras de fer après le vote le 22 mars par le conseil municipal d’une délibération actant le « principe » d’une subvention de plus de 2,5 millions d’euros destinée au chantier de la mosquée, un projet porté par la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG) Est​, une association d’origine turque.

« Ingérence étrangère »

Ce vote avait suscité une vive réaction du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui avait reproché à la maire de financer une « ingérence étrangère », en l’occurrence celle de la Turquie, en France. Le ministre reprochait particulièrement à Millî Görüs de ne pas avoir signé en janvier la « Charte des principes de l’islam de France ».

La préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier avait ainsi saisi début avril le tribunal administratif de la « délibération litigieuse » du conseil municipal de Strasbourg. De son côté, Millî Görüs avait récusé les accusations « infondées » d’allégeance à Ankara ou de « séparatisme ».