Mosquée de Strasbourg : La préfète saisit la justice sur la subvention de la mairie

LAICITE Gérald Darmanin avait notamment dénoncé cette subvention

G. N. avec AFP

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La Grande mosquée Eyyub Sultan à Strasbourg le 23 mars 2021.
La Grande mosquée Eyyub Sultan à Strasbourg le 23 mars 2021. — G. Varela / 20 Minutes

La préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier a décidé mardi de saisir le tribunal administratif de la « délibération litigieuse » du conseil municipal de Strasbourg qui a voté le principe d’une subvention de plus de 2,5 millions d’euros pour la construction d’une mosquée, a annoncé la préfecture dans un communiqué.

Le vote du Conseil municipal avait suscité une vive réaction du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui a reproché à la maire écologiste de Strasbourg Jeanne Barseghian de financer une « ingérence étrangère », en l’occurrence celle de la Turquie, sur le sol français. Le ministre a également reproché à l’association Millî Görüs, qui porte le projet, de ne pas avoir signé en janvier la « Charte des principes de l’islam de France ».

Obtenir l'annulation de la délibération

« Les échanges de courriers récents entre la préfète du Bas-Rhin et la maire de Strasbourg » n’ont « pas permis d’aboutir au retrait de la délibération du conseil municipal », a indiqué de son côté la préfecture, annonçant que Josiane Chevalier avait donc « décidé de déférer la délibération litigieuse au tribunal administratif de Strasbourg ». « Il s’agit donc d’obtenir l’annulation de la délibération du conseil municipal dont nous contestons la légalité », a indiqué la préfecture à l’AFP sans plus de précisions sur les moyens invoqués.

La préfecture rappelle que la subvention, qui devait être encore confirmée par un second vote du Conseil municipal, est destinée à la Confédération islamique du Milli Görüs (CIMG) qui conduit le projet de la Grande Mosquée Eyyub Sultan, en cours de construction à Strasbourg. L’annonce de cette décision intervient alors que Millî Görüs a vivement récusé mardi les accusations « infondées » d’allégeance à Ankara ou de « séparatisme », lors d’une conférence de presse dans la capitale alsacienne.

Se disant « particulièrement affecté » par les « nombreuses accusations » portées contre elle-même et son projet de mosquée, le président du futur lieu de culte et de la CIMG Est, Eyüp Sahin, a estimé que cela n’était « pas tolérable dans un grand pays comme la France ». Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait jugé jeudi que Millî Görüs allait « à l’encontre des valeurs de la République » et n’avait « pas vocation à organiser des activités, à exister dans la République », sans toutefois annoncer la dissolution de cette organisation.