La prison de l'Elsau peine à trouver du travail

Philippe Wendling

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Cellule de crise. Les ateliers de la maison d'arrêt de Strasbourg ne sont pas épargnés par la morosité ambiante, a-t-on appris hier à l'occasion de la présentation du bilan 2008 de l'administration pénitentiaire. « En raison des inquiétudes liées au contexte économique, les commandes des concessionnaires ont baissé, précise André Sanchez, directeur interrégional des services pénitentiaires d'Alsace. Nous souffrons aussi de la concurrence des pays d'Europe centrale et orientale, qui proposent une main d'oeuvre pas chère. » Il estime ainsi que les postes de travail pourvus pour le compte d'entreprises privées sont passés d'environ 80 à une trentaine au sein de l'établissement situé à l'Elsau. Résultat, les prisonniers y ayant travaillé l'an passé, se sont partagé 388 252 euros, contre 500 263 euros en 2007.

Pour encourager les sociétés extérieures à faire appel à elle, l'administration carcérale va entreprendre un travail de communication particulier en 2009. Et pour cause, selon André Sanchez, travailler favorise la réinsertion des détenus tout en leur offrant un plus financier leur permettant d'indemniser leur victime, d'améliorer leur ordinaire et de se constituer un petit pécule pour leur libération. En outre, poursuit le directeur, « quand ils ont une activité, ils sont plus calmes et donc présentent moins de difficulté pour les personnels. » En 2008, en moyenne 461 détenus ont travaillé chaque jour dans les centres pénitentiaires alsaciens, soit 24 % de la population carcérale. Quelque 53 % d'entre eux étaient employés à des taches internes, 47 % pour des concessionnaires extérieurs. ■