Coronavirus à Colmar : Le centre-ville a (plutôt) bien résisté à la crise, malgré le manque de touristes

ATTRACTIVITE Une étude montre que le coeur de ville a maintenu « 75 % de son flux par rapport à la période pré-Covid-19 »

Thibault Gagnepain
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Sur les canaux de la Petite Venise, à Colmar
Sur les canaux de la Petite Venise, à Colmar — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Et si Colmar n’avait pas tant besoin de touristes que ça pour continuer à être très dynamique ?
  • Une étude, menée par l’entreprise Mytraffic et l’association Villes de France, indique que le centre-ville de la préfecture du Haut-Rhin n’a pas tant souffert que ça de l’absence des touristes et de la crise sanitaire.
  • Dans le classement publié ce lundi 22 mars, Colmar se hisse à la sixième place des centres-villes les plus dynamiques des villes moyennes de France. Depuis mars 2020 et jusqu’à janvier 2021, 1,67 million de personnes ont en moyenne emprunté chaque mois les rues de son cœur.

Colmar, ses canaux, ses maisons typiques, son charme... et ses centaines de milliers de touristes chaque année. En 2018, 3,5 millions de visiteurs avaient même été recensés dans la préfecture du  Haut-Rhin. « Dont 60% qui viennent d'une destination lointaine », rappelle  Emmanuel Fromm, de l'office du tourisme de la ville. Au vu de ces chiffres, la crise sanitaire aurait pu faire beaucoup de mal à la perle alsacienne. Un raccourci que vient nuancer une étude, menée par l'entreprise Mytraffic et l'association Villes de France.

Dans le classement publié ce lundi 22 mars, Colmar se hisse à la sixième place des centre-villes les plus dynamiques des villes moyennes de France. Depuis mars 2020 et jusqu'à janvier 2021, 1,67 millions de personnes ont en moyenne emprunté chaque mois la Grand Rue, la rue des serruriers et tout ces arcanes qui forment le coeur de la cité haut-rhinoise.

Comment cela a-t-il mesuré ? Grâce aux « données de géolocalisation des applications mobiles, récoltées par les applications lorsque l'utilisateur a donné son accord », explique Mytraffic, leader européen de l’analyse du flux piéton. Une limite à cette méthodologie : « les passages dans une zone donnée sont comptabilisés par heure, et ne correspondent pas au nombre de personnes. Ainsi, une personne passant dans une zone plusieurs fois au cours d’une journée sera comptabilisée plusieurs fois. »

Bref, avec ces chiffres, Colmar « a préservé 75% de son flux par rapport à la période pré-Covid-19 ». Là encore, autre limite, l'étude a pris comme réference « une moyenne du 1er janvier au 15 mars 2020 ». Soit pas vraiment une période où les touristes affluent en Alsace...

« Beaucoup d'hôtels sont toujours fermés »

Il n'empêche, le maire Eric Straumann voit trois raisons à cette statistique de 75 %. La première est cette possibilité laissée aux bars et aux restaurants d’étendre la surface de leurs terrasses l'été dernier, qui avait été « un beau succès » selon l'élu. Deuxième argument selon lui, l'intérêt porté au centre-ville par la municipalité. « La Ville ne souhaite pas développer les centres commerciaux en périphérie urbaine. Leur extension est freinée pour privilégier une clientèle en centre-ville. Son aménagement est lui aussi repensé pour donner plus d’espace aux piétons qui peuvent se déplacer avec plus de confort et de sérénité », détaille  l'édile Les Républicains dans l'étude.

Enfin, Eric Straumann vante « les 5.000 places de parking dans un rayon de cinq minutes à pied de la Cathédrale ». « Tout ça est vrai », appuie Emmanuel Fromm, de l'office du tourisme, sans pour autant être convaincu par les chiffres annoncés. « Oui, il y a eu du monde cet été mais pas autant que les autres années. Beaucoup d'hôtels sont toujours fermés, les restaurants aussi. Aujourd'hui, comme tout le secteur, on est dans le flou pour les prochains mois. »