Comment Strasbourg veut repenser son tourisme en direction de l’Allemagne et la Suisse

TOURISME L’Office de tourisme de Strasbourg réfléchit à une stratégie touristique concentrée dans un rayon de 250 km autour de l’Eurométropole, incluant le bassin rhénan

Gilles Varela
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Touristes à la Petite France Strasbourg. Le 24 05 07
Touristes à la Petite France Strasbourg. Le 24 05 07 — G . VARELA / 20 MINUTES
  • En attendant que l’industrie du tourisme reprenne vie, l’Eurométropole de Strasbourg, dont dépend l’Office de tourisme de Strasbourg et sa région (OTSR), met en place quatre commissions.
  • Chacune va travailler à développer et optimiser l’offre touristique, en relation avec le bassin rhénan, territoire aux nombreuses richesses et fort de 6 millions d’habitants.

L’industrie du tourisme vacille et les perspectives d’un retour à la normale se font chaque jour un peu plus attendre. A Strasbourg, cela se fait d’autant plus ressentir que la capitale alsacienne accueillait, avant la crise sanitaire, plus de quatre millions de visiteurs chaque année, comme le rappelle Michèle Kannengieser, la toute nouvelle présidente de l’Office de tourisme de Strasbourg et sa région (OTSR). Un tourisme qui a pour particularité d’être composé à 50 % d’une clientèle d’affaires internationales.

Et cela n’est pas sans conséquence directe pour l’Eurométropole où le tourisme emploie 14.000 personnes dans l’hôtellerie, la restauration, les sites de loisirs ou encore les agences de voyages, souligne l’OTSR, sans compter les nombreux emplois indirects dans l’artisanat, les transports. Hors crise sanitaire et économique, le tourisme représentait 7,5 millions de nuitées annuelles, 500 millions d’euros de dépenses pour l’économie locale et 15 millions d’euros de recettes fiscales pour les collectivités. Aussi, dans une perspective de reprise, la toute nouvelle équipe de l’OSTR ne compte pas regarder les trains passer et se prépare au jour J, le jour où les touristes pourront revenir. Sa présidente, Michèle Kannengieser, également maire de La Wantzenau, ambitionne que l’Eurométropole devienne « une destination plus durable, plus inclusive et plus diversifiée ».

Strasbourg le 27 aout 2015. Illustration tourisme et activités dans la ville. Les transats place du chateau.
Strasbourg le 27 aout 2015. Illustration tourisme et activités dans la ville. Les transats place du chateau.

Jusqu’alors, Strasbourg était une destination de court séjour urbain, essentiellement de loisirs et d’affaires, centrée sur elle-même, et s’appuyant principalement, « peut-être trop facilement, sur son patrimoine existant », analyse Michèle Kannengieser. A savoir, sa cathédrale, son architecture, son marché de Noël, ses institutions européennes. « L’offre touristique "destination Strasbourg" était devenue une sorte de véritable rente de situation qui fonctionnait un peu toute seule, sans qu’il soit nécessaire de déployer des efforts surhumains pour la faire connaître tant l’attractivité était forte », regrette-t-elle. Une « facilité » agissant un peu comme « une économie de cueillette dans un milieu particulièrement riche, sans se préoccuper forcément de semer, de prévoir l’année suivante ». Mais le Covid-19 est passé par là.

Dans un rectangle de 250 kilomètres

L’OSTR préconise désormais d’enrichir et de renouveler l’offre de l’Eurométropole en se projetant dans son environnement, alsacien et rhénan. Une vision à 360 degrés où l’ensemble des « pépites », dans un rectangle de 250 kilomètres, allant de Bâle à Karlsruhe en passant par Baden-Baden, seraient mises en relation, optimisées, valorisées. Rappelant que l’axe Rhénan, c’est six millions de personnes.

Des défis nouveaux pour l’Eurométropole qui, pour y parvenir met en place quatre commissions de travail, chacune menées par un ou plusieurs membres du Conseil d’administration de l’OTSR. Soit des professionnels de l’hôtellerie, des commerçants, des spécialistes en événementiels, des élus strasbourgeois. Principaux objectifs : intégrer les habitants à la politique touristique, créer rapidement de nouveaux produits et diversifier l’offre, optimiser chacun de ses atouts, élargir l’attractivité à l’ensemble du territoire et au-delà de la frontière, sur la coordination des filières, l’hébergement. Côté calendrier, il faudra encore patienter pour voir les premières propositions concrètes sortir du panier. Mais l’agglomération sera prête, espère l’OSTR, dès le premier jour du monde de demain.