Strasbourg : La gestion des « PV » de stationnement est-elle sur une voie de garage ?

MOBILITES La question de la gestion du stationnement à Strasbourg s’invite à nouveau au Conseil municipal

Gilles Varela
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Illustration. Un FPS.
Illustration. Un FPS. — G. Varela / 20 Minutes

Aujourd’hui encore, la gestion du stationnement, confiée en délégation de service public (DSP) depuis 2018 à Streeteo, société privée filiale d'Indigo, fait régulièrement débat. « Trop de PV injustes », «  augmentation des problèmes, des contentieux », il est facile de lancer une discussion avec des automobilistes verbalisés sur n’importe quel parking de la ville ou sur les réseaux sociaux.

Un sujet qui s’était évidemment invité dans la campagne municipale et qui faisait alors la quasi-unanimité chez les candidats : « Oui, il faut revoir les choses. » Certains parlaient d’abandon, de rupture de contrat, d’autres d’entamer des négociations serrées, tous reconnaissaient au moins « qu’il y avait bien là un sujet ». Seulement voilà, près de huit mois après les élections, la question du stationnement semble s’être enlisée.

«Traduire l'intention en acte»

Lors du conseil municipal, lundi, Pierre Jakubowicz (Agir), conseiller d’opposition, a proposé une résolution soumise au vote. Objectif, entamer des discussions sur la gestion du stationnement, notamment des contentieux, afin de « traduire des intentions en actes »... Et plus largement, « faire passer un message fort aux Strasbourgeois mais aussi au délégataire ».

Seulement voilà. La formulation de la résolution avancée par Pierre Jakubowicz n’a pas trouvé preneur. La maire Jeanne Barseghian lui avait préalablement demandé de reformuler sa demande de résolution et indiqué ne pas vouloir s’associer aux termes utilisés par l’élu d’opposition. « Nous sommes engagés avec le délégataire dans un contrat et il peut être compliqué, voire risquer de prendre des positions qui pourraient fragiliser cette relation contractuelle », a souligné à plusieurs reprises Jeanne Barseghian. Pierre Ozenne, son adjoint en charge notamment des voiries et de l’espace public, a longuement détaillé les procédures, reconnu que les délais de règlement des contentieux, leur gestion pouvaient être longs mais que cela n’était pas du ressort de la ville et que cela était imposé par la loi. Avant de renvoyer l’élu d’opposition dans les cordes, concrètement vers les parlementaires.

S’appuyant sur des chiffres, Pierre Ozenne a tenu surtout à rappeler qu’il n’y avait pas de « grave dysfonctionnements » contrairement à ce qu’annonçait la résolution de Pierre Jakubowicz. Que le travail de contrôle était réalisé comme attendu et que les propos tenus étaient excessifs. L’élu a d’ailleurs tenu à préciser qu’avant la réforme du stationnement (en 2018) et donc avant la DSP Steeteo, 3,5 % des PV étaient contestés contre 3,6 % des FPS en 2019, malgré une augmentation des contrôles. Soit le même ratio de contestation. Autre argument de poids, la fin du contrat avec Streeteo conduirait à une « dépense directe à la charge de tous les contribuables de 11 millions d’euros » et une perte chaque mois d’un million d’euros sans compter le coût supplémentaire qu’impliquerait la réintégration en régie d’une quarantaine de personnes.

Un coût contesté par la socialiste Anne-Pernelle Richardot, en charge sous Roland Ries de la politique de stationnement, qui avance qu’au vu de la situation sanitaire et selon des avis juridiques, il était possible de renégocier la DSP, comme « cela a été le cas » dans d’autres métropoles françaises. « Une fenêtre ouverte », selon l’élue qui ne semble pas avoir convaincu l’exécutif qui a choisi de fermer les volets.

La résolution, jugée en l’état trop offensive si ce n’est fausse, mal formulée ou présentée trop tardivement selon les groupes politiques, n’a pas trouvé les grâces de l’hémicycle qui a voté contre. Renvoyant ainsi aux calendes grecques un règlement rapide de la situation, comme sur une voie de garage…