Strasbourg : Une cinquantaine de sépultures découvertes sous les pieds des fidèles d’une église

ARCHEOLOGIE Lors de travaux dans l’église Saint Guillaume à Strasbourg (Bas-Rhin), les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) ont découvert une cinquantaine de sépultures dans le sous-sol de l’édifice

Gilles Varela

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Fouilles archéologiques de l'INRAP Grand-Est dans l'église Saint-Guillaume à Strasbourg. Septembre 2020.
Fouilles archéologiques de l'INRAP Grand-Est dans l'église Saint-Guillaume à Strasbourg. Septembre 2020. — INRAP
  • Les archéologues de l’INRAP ont découvert une cinquantaine de sépultures dans le sous-sol de l’église Saint Guillaume, dans le quartier de la Krutenau à Strasbourg.
  • L’église, qui date du XIIIe siècle, fait l’objet de gros travaux depuis 2017, notamment sur ses fondations et son sous-sol. C’est à cette occasion que les archéologues de l’INRAP ont fait cette découverte et bien d’autres encore.

L’église médiévale (XIIIe siècle) Saint Guillaume qui borde le quartier de la Krutenau à Strasbourg n’est définitivement pas une église comme les autres. Non pas parce que son clocher est totalement asymétrique et accroche l’œil des passants, ni pour son coq juché sur une ancre marine en son sommet. Cette fois, c’est à l’intérieur que ça se passe.

Lors de gros travaux commencés en 2017, les équipes de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) Grand-Est Alsace ont découvert, en creusant le dallage en tomettes de terre cuites, une cinquantaine de sépultures au cœur de la nef. Une découverte vécue comme une belle récompense alors qu’il y a plusieurs décennies que des fouilles archéologiques n’ont pas été menées dans une église strasbourgeoise. Et jamais encore de cette ampleur, précise l’INRAP.

Fouilles archéologiques de l'INRAP Grand-Est dans l'église Saint-Guillaume à Strasbourg. Septembre 2020.
Fouilles archéologiques de l'INRAP Grand-Est dans l'église Saint-Guillaume à Strasbourg. Septembre 2020. - INRAP

Cette découverte n’est finalement pas une si grande surprise tant le diagnostic archéologique de 2017, puis l’étude d’archéologie du bâti en 2018 étaient prometteuses. Depuis fin 2020, les archéologues explorent une partie de l’intérieur de l’église ce qui a permis d’accéder à l’église originelle, à son état antérieur. Et plus spectaculaire, de mettre au jour une cinquantaine de sépultures du Moyen-Âge. Des sépultures organisées en rang régulier, au centre de la nef.

Fouilles archéologiques de l'INRAP Grand-Est dans l'église Saint-Guillaume à Strasbourg. Septembre 2020.
Fouilles archéologiques de l'INRAP Grand-Est dans l'église Saint-Guillaume à Strasbourg. Septembre 2020. - INRAP

Du pain béni pour les archéologues qui avaient déjà mis à jour dès 2017 un caveau funéraire intact. Celui d’une abbesse strasbourgeoise décédée en 1694, Eva-Salomé von Furdenheim. Par la suite, l’étude d’archéologie du bâti a permis de comprendre son évolution architecturale et plusieurs informations inédites. Les archéologues ont ainsi accédé aux niveaux antérieurs à l’installation de l’église et mis au jour les vestiges d’un bâtiment d’habitation et un autre qui pourrait correspondre à une église ou une chapelle totalement inconnue jusque-là.

Pour l’heure, l’INRAP travaille à l’étude anthropologique des sépultures et compte bien apporter de nombreuses informations sur ces défunts du Moyen-Âge en attendant de pouvoir retourner prier paisiblement, dès la fin août.