Strasbourg : Agressions sexuelles dans une maison de disques ? Une enquête ouverte

FAITS DIVERS Une dizaine de femmes avaient rapporté en décembre des comportements « déplacés, voire violents, à caractère sexuel, qui se seraient produits entre 2015 et 2019 »

T.G. avec AFP

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L'hôtel de police de Strasbourg (illustration).
L'hôtel de police de Strasbourg (illustration). — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Une enquête a été ouverte après des témoignages faisant état de faits d’agression et de harcèlement sexuels impliquant l’un des managers de la maison de disques strasbourgeoise Deaf Rock Records.
  • En décembre, une dizaine de femmes avaient révélé ces comportements qui se seraient étendus de 2015 à 2019.
  • Le manager en question a quitté ses fonctions.

Structures, Last Train, Décibelles… Il n’y a pas encore si longtemps, ces groupes travaillaient avec la maison de disques strasbourgeoise Deaf Rock Records. Ce ne serait plus le cas désormais, depuis que celle-ci se trouve au cœur d’un scandale d’agression et de harcèlement sexuels impliquant l’un de ses managers.

Une enquête a justement été ouverte à ce sujet, a annoncé mercredi le parquet de Strasbourg. Elle a été confiée à la brigade des mœurs de la sûreté départementale du Bas-Rhin, a précisé à l’AFP la cheffe de cabinet du procureur de la République, confirmant une information du quotidien Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Une plainte a également été recueillie dans le cadre de cette enquête.

Le manager a quitté ses fonctions

La maison de disques Deaf Rock Records et son manager, Julien Hohl, avaient été visés par des témoignages publiés mi-décembre par les sites d’information Mediapart et Rue89 Strasbourg : une dizaine de femmes rapportaient des comportements « déplacés, voire violents, à caractère sexuel, qui se seraient produits entre 2015 et 2019 ».

Deux jours après la publication, la maison de disques annonçait que Julien Hohl avait « choisi de quitter ses fonctions » pour « être libre de ses réponses » et « ne pas exposer » les équipes avec qui il travaillait.

Cette affaire s’inscrit dans une vague plus large de témoignages apparue depuis l’été autour de la plateforme #MusicToo, lancée par un « collectif anonyme contre les violences sexistes et sexuelles dans l’industrie musicale » et popularisée sur les réseaux sociaux, dans la foulée du mouvement #MeToo. L’existence de #MusicToo avait pris en septembre un autre relief avec les affaires d’agressions sexuelles concernant le rappeur français Moha La Squale (visé par une enquête ouverte après plusieurs plaintes), le rappeur belge Roméo Elvis (qui s’est excusé sur les réseaux sociaux après des accusations sur Internet) et la cantatrice française Chloé Briot, qui a porté plainte contre un collègue chanteur.

Selon une étude de 2019 de la Cura (Collectif pour la santé des artistes et des professionnels de la musique) et de la Gam (Guilde des artistes de la musique), 31 % des femmes travaillant dans le secteur musical (artistes ou professionnelles) disent avoir été victimes, au moins une fois, de harcèlement sexuel.