Strasbourg : Coût, capacité, architecture... Le projet de rénovation de la Meinau ne plaît pas à tout le monde

PARTICIPATIF Nous avions demandé l'avis de nos lecteurs sur cette réhabiliation du stade qui doit débuter en juin 2022

Thibaut Gagnepain

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Le futur stade de la Meinau avec sa tribune Sud complètement refaite.
Le futur stade de la Meinau avec sa tribune Sud complètement refaite. — POPULOUS & REY DE CRECY_LUXIGON
  • La semaine dernière, le RC Strasbourg a présenté le futur stade de la Meinau. Il sera rénové d’ici la rentrée 2025, pour un projet à 100 millions d’euros hors taxes.
  • Ce projet ne fait pas l’unanimité parmi les lecteurs de 20 Minutes. C’est normal ! Certains s’attaquent à son architecture, d’autres à son coût ou sa future capacité… D’autres leur répondent.
  • « La Meinau, ce n’est pas seulement du foot, c’est un endroit fabuleux où on se retrouve volontiers entre amis ou en famille », explique par exemple un contributeur, favorable au projet.

Une tribune Sud complètement refaite et bientôt plus haute que les autres, la capacité d’accueil portée de 26.000 à 32.000 spectateurs et des travaux finis en septembre 2025… Depuis mardi, le projet de rénovation de l'enceinte de la Meinau, à Strasbourg, est connu.

Ce sera « un stade de demain avec l’ambiance d’aujourd’hui », s’en était félicité Marc Keller. Le président du Racing ne cachait pas sa fierté devant les premiers plans du cabinet d’architectes anglais sélectionné, Populous. Les lecteurs de 20 Minutes ne partagent pas tous son enthousiasme dans la consultation que nous avons lancée.

Plusieurs critiques reviennent avec insistance. A commencer justement par la prochaine esthétique de l’édifice. « L’homogénéité actuelle du stade va être cassée », regrette Ugo en référence à la future tribune Sud qui s’élèvera à environ 30 mètres au-dessus de ses voisines. « On peut observer une forme de déséquilibre dimensionnel par rapport aux autres tribunes Nord Est et Ouest qui sont pourtant les plus populaires et qui crée l’ambiance exceptionnelle que nous connaissons », complète Hubert. « Cela manque d’originalité, cela ressemble à un mini Anfield », ajoute David, visiblement connaisseur de l’antre des Reds de Liverpool.

En parlant justement de football de l’autre côté de la Manche, Philippe se réjouit lui de « garder le côté stade à l’anglaise avec les tribunes proches du terrain ». Autres points positifs à le lire, une « architecture spécifique du stade […] respectée », le maintien « des places debout pour le kop afin de favoriser l’ambiance et conserver l’âme du stade, la création d’un musée, pas de naming ». Sur Facebook, Mél Anie synthétise, « superbe projet ! »

« Tous ça pour n’avoir que 6.000 places supplémentaires ? »

Il y a pourtant d’autres points d’achoppement le concernant. Comme sa future jauge de 32.000 personnes. « Tous ça pour n’avoir que 6.000 places supplémentaires ? », s’interroge David, qui espérait une capacité portée « entre 35.000 et 40.000 places ». « Ça ne me semblerait pas surdimensionné par rapport à la représentation de Strasbourg, capitale de la région Grand-Est, siège officiel du Parlement européen et ville frontalière avec l’Allemagne grand pays footballistique », argumente-t-il.

Réponse de Marc Keller ? « Ce que nous souhaitons, c’est un stade plein. Là, on aura la capacité de le remplir », avait expliqué mardi le président du RC Strasbourg en parlant d’un « stade ambitieux et réaliste ». Et qui devrait permettre au club alsacien de générer des recettes supplémentaires, aujourd’hui plafonnées à « 20 millions d’euros par an » d’après le dirigeant.

« Cent millions d’euros jetés par les fenêtres »

L’aspect financier du projet, 100 millions d’euros hors taxes, a enfin fait beaucoup réagir les lecteurs de 20 Minutes. Et ce d'autant plus que les fonds proviendront uniquement des contribuables, avec notamment la moitié du budget abondée par l’eurométropole et un quart par la grande région. « Cent millions d’euros jetés par les fenêtres pour un besoin non essentiel », attaque Yacha Tovaroff. « Pour l’outil d’un seul club de football professionnel, c’est scandaleux », complète Sébastien, qui a oublié que l’enceinte pourrait servir à d’autres événements. La présidente de l’agglomération Pia Imbs l’a assuré lors de la présentation.

Cela ne devrait pas suffire à calmer l’exaspération de certains, qui estiment que tout cet argent aurait pu servir à d’autres priorités. « Ce projet donnera aussi du travail, les chantiers sont toujours les bienvenus par les temps qui courent », nuance Emmanuel. Arnaud, lui, invite tous les détracteurs à venir un soir de match (sauf en ce moment hein). « La Meinau, ce n’est pas seulement du foot, c’est un endroit fabuleux où on se retrouve volontiers entre amis ou en famille. On connaît tous dans son entourage des personnes qui y vont ou souhaitent y aller un jour. Pas besoin d’être fan, chacun y trouve son compte. On boit un coup, on mange un bout et on chante », écrit-il, visiblement pas inquiet du mauvais début de saison des joueurs alsaciens.

Leurs deux dernières victoires, mercredi contre Nîmes (5-0) et samedi à Lens (1-0) devraient d’ailleurs rassurer plus d’un de nos contributeurs. Le Racing est bien parti pour se maintenir en Ligue 1.