Bas-Rhin : Deux mises en examen pour avoir vendu le feu d’artifice qui a arraché la tête d’un homme au Nouvel an

ENQUETE Ils ont été mis en examen pour homicide involontaires et blessures involontaires

20 Minutes avec AFP
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Le fronton d'un palais de justice. (illustration)
Le fronton d'un palais de justice. (illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA

Deux hommes de 25 et 30 ans soupçonnés d’avoir vendu à un jeune Alsacien le mortier d’artifice qui lui avait arraché la tête le soir du Nouvel An ont été mis en examen, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Strasbourg. Les deux hommes « ont été déférés devant un magistrat instructeur et mis en examen du chef d’homicide involontaire », selon une porte-parole du parquet de Strasbourg. Ils ont été également mis en examen pour « blessures volontaires » et placés sous contrôle judiciaire, selon le parquet.

Les deux suspects avaient été interpellés mercredi près de Boofzheim (Bas-Rhin), la commune où a eu lieu le drame, puis déférés jeudi. Ils sont soupçonnés d’avoir vendu à la victime, un jeune de 25 ans, le mortier qui lui a emporté la tête lors de la soirée du Nouvel An. « Une cinquantaine de mortiers » avaient par ailleurs été saisis au domicile de l’un d’eux, avait indiqué jeudi le parquet de Strasbourg.

Une question de « retard à l’allumage »

Le soir de la Saint-Sylvestre, la victime et l’un de ses amis étaient dans une rue de Boofzheim en train de manipuler le mortier quand l’accident s’est produit. Le jeune de 25 ans avait eu « la tête arrachée » tandis que son ami, âgé de 24 ans, avait eu le « visage abîmé » et avait dû être hospitalisé, selon la préfecture du Bas-Rhin. Eric Klethi, le maire de Boofzheim, avait évoqué un probable « retard d’allumage » du mortier : « Il voulait contrôler le dispositif et la fusée est partie à ce moment-là. »

En Alsace, tout comme dans l’Allemagne voisine, pétards et feux d’artifice résonnent traditionnellement avec force le soir de la Saint-Sylvestre, entraînant régulièrement des blessures graves, voire des décès. Mais cette année, les préfectures du Bas-Rhin et du Haut-Rhin avaient interdit la vente et l’achat de feux d’artifice pendant tout le mois de décembre, face aux risques sanitaires et à la menace terroriste.