La rue bat le pavé et le gouvernement

Philippe Wendling et Marie Hoeckel

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« Pour du monde, ça il y en a du monde », crie au téléphone un syndicaliste FO perdu au milieu du cortège. Un peu plus loin, un policier confie « n'avoir pas vu ça à Strasbourg depuis longtemps ». Professeurs, lycéens, brasseurs, métallos, postiers, journalistes... Ils étaient entre 8 000, selon la police et 20 000 selon les syndicats à défiler hier après-midi dans les rues de la ville pour défendre l'emploi, le pouvoir d'achat et le service public.

Parmi les manifestants, Denis Wolff, délégué Unsa Santé est amer. En compagnie d'une intersyndicale, il vient de rencontrer Roland Ries, maire (PS) de la ville, au sujet des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). En raison de la grève, le conseil d'administration de l'établissement prévu ce jour a été réduit. « Nous devions notamment aborder la question de la suppression de 190 postes. » Il lui faudra attendre le 19 février pour défendre l'emploi.

Un peu plus loin, le patron de cabaret Roger Siffer, accompagné de sa colère, est lui aussi venu grossir les rangs des mécontents. « La culture est le premier secteur touché par la crise, les gens se privent d'abord de loisirs avant de se priver de pain, déplore le patron de la Choucrouterie. Et puis, on a jamais vu plus inculte qu'un Sarko. On se demande même s'il sait lire. Alors comment lui demander d'avoir une bonne approche du monde culturel. » Au même moment, ils étaient près de 6 000 à manifester à Mulhouse, dont des salariés de PSA-Citroën et de DMC Tissus. En fin de matinée, quelque 1 400 personnes avaient ouvert le bal de la contestation en battant les pavés colmariens. ■