Un Traitement plus sévère pour Stocamine

Ludovic Meignin

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Quatre à six mois de prison avec sursis et une amende de 4 000 à 5 000 euros. Les réquisitions du ministère public, énoncées hier à l'encontre de Patrice Dadaux, ex-PDG de Stocamine, sont lourdes. Il comparaissait depuis mercredi devant la cour d'appel de Colmar à la suite d'un incendie survenu dans l'entreprise en septembre 2002 à Wittelsheim. A l'égard de Stocamine, poursuivie en tant que personne morale, le ministère public a demandé la confirmation de l'amende de 50 000 euros prononcée en première instance.

Le feu s'était déclaré dans une ancienne galerie des Mines de potasse d'Alsace où la société assurait l'entreposage de déchets ultimes (non retraitables). Des employés étaient alors descendus à 600 m de profondeur pour lutter contre le sinistre. Ils affirment avoir été exposés à des fumées toxiques faute d'équipements d'intervention adéquats.

Pour le parquet, Patrice Dadaux était dans « le déni ». Il pensait « impossible que des déchets puissent s'enflammer », affirmant au début de l'événement « qu'il devait s'agir d'un feu de palettes » sur lesquelles étaient entreposés les sacs de déchets.

Ainsi, pour le ministère public, la dangerosité du sinistre a été sous-estimée dès le départ, mettant en danger les sauveteurs. L'avocat général a par ailleurs soutenu que Patrice Dadaux n'a pas rempli les obligations de l'arrêté préfectoral fixant les règles de fonctionnement de Stocamine. Il interdisait les « mélanges indéfinissables » (constitué de différents matériaux). Or, des produits dont la fiche descriptive était incomplète ont été acceptés. De plus, toujours selon l'accusation, Patrice Dadaux n'a pas tenu compte des avertissements de ses subordonnés qui l'avaient informé de mauvaises odeurs et de suintements émanant des sacs. Selon une expertise, ils sont responsables du drame suite à la fermentation. « Toute l'accusation repose sur le postulat selon lequel ces déchets seraient à l'origine de l'incendie, sans que cela ne soit appuyé par des éléments indiscutables », a dénoncé pendant sa plaidoirie Me Thierry Moser, avocat de Patrice Dadaux et de Stocamine. Evoquant « un doute vertigineux » sur la cause de l'incendie, il demande la relaxe de ses clients. Le jugement a été mis en délibéré au 15 avril. ■