Alsace : Les priorités de la nouvelle Collectivité européenne d’Alsace

HOP LA La Collectivité européenne d’Alsace, avec son premier président Frédéric Bierry élu samedi, a du pain sur la planche

Gilles Varela

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Le premier président de la toute nouvelle  Collectivité Européenne d'Alsace, Frederic Bierry, le 2 janvier à Colmar.
Le premier président de la toute nouvelle Collectivité Européenne d'Alsace, Frederic Bierry, le 2 janvier à Colmar. — AFP

C’est parti pour la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), sorte de fusion administrative des deux départements alsaciens. Après l’élection samedi de Frédéric Bierry, président de cette « nouvelle assemblée », cette instance va pourvoir concrètement exécuter sa feuille de route fixée il y a déjà trois ans et satisfaire ce « désir d’Alsace »… même si elle reste bien ancrée dans la région Grand-Est. Une collectivité alsacienne qui représente près de 1,9 million d’habitants et 6.000 agents territoriaux. Si elle occupe désormais le quatrième rang des collectivités départementales, sa force est surtout d’être située au cœur de l’Europe rhénane, moteur économique du continent. Une collectivité qui reçoit bien évidemment des compétences nouvelles de celles qui reviennent habituellement à un seul département et dont elle compte bien tirer de nombreux avantages.

Bilinguisme, tourisme et routes

Au-delà des compétences habituelles qui reviennent aux départements, la CEA va s’atteler à faciliter, renforcer et développer la coopération transfrontalière avec nos voisins allemands et suisses mais aussi faire le lien avec la Région Grand-Est. Elle devient ainsi « modèle » pour les autres régions françaises en matière de coopération transfrontalière. L’idée est de favoriser le rayonnement du territoire à l’international, son identité, de renforcer le bilinguisme et la culture régionale en améliorant l’offre de formation pour les jeunes. Elle pourra par exemple recruter des intervenants français-allemands. Bilinguisme mais aussi tourisme. L’objectif est de mettre en valeur le patrimoine, avec les autres partenaires, qu’ils soient institutionnels ou privés, des deux côtés du Rhin et de tisser des liens économiques sur ce secteur porteur d’emplois.

Mais parmi les premiers gros chantiers de la CEA, le transfert par l’Etat depuis le 1er janvier des routes et autoroutes non-concédées, ce qui représente environ 300 kilomètres d’asphalte dont l’A35 qui traverse toute l’Alsace. Soit la gestion d’un total de 6.600 km de routes et d’autoroutes. Une responsabilité qui lui impose de prendre rapidement des choix stratégiques de premier plan sur les mobilités alors que parallèlement le Contournement ouest de Strasbourg (COS) s’annonce. Des choix qui vont forcément influer concrètement sur le trafic routier, notamment des poids lourds. La CEA obtient par exemple la possibilité de mettre place une redevance pour ces derniers, une sorte d'« écotaxe » sans la nommer.

Prochaine étape, le choix du siège et l’élection de 80 conseillers d’Alsace, au mois de juin probablement. Une question qui pourrait déjà tendre les débats car Mulhouse et Colmar prétendent également à la nouvelle instance. En attendant, sur une ordonnance de l’Etat, c’est à Strasbourg que le siège provisoire sera installé.