Illustration autoroute Strasbourg.
Illustration autoroute Strasbourg. — G. VARELA / 20 MINUTES

SORTIE DE ROUTE

Strasbourg : Pourquoi ça ne roule pas avec le transfert de l'A35 le 1er janvier ?

Gilles Varela

A partir du 1er janvier 2021, l’Etat transfère les routes alsaciennes à la collectivité européenne d’Alsace, l'eurométropole récupère la gestion de ressources humaines, ou logistique

« C’est très insuffisant, nous allons nous battre et le faire savoir très fermement à l’Etat. » La présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, Pia Imbs, n’est pas contente et l’a dit lors d’une conférence de presse. Elle estime trop peu élevée la compensation financière de 4,1 millions d’euros affectée à la future gestion et à l’aménagement du réseau routier national concédés par l’Etat, qui sera effective au 1er janvier 2021.

Ce transfert de compétence ressemble à une belle épine dans le pied. « Il faut nous donner les moyens de réussir ce transfert et préparer la suite, car se posera très vite la question de la régulation de la vitesse, et de la surveillance de ce réseau routier qui nous incombe », poursuit Pia Imbs. Comparé aux charges actuelles, il manquerait, toujours selon la collectivité, au moins deux millions pour faire l’affaire. A moins de 15 jours de la « passation », les réponses de l’Etat se font attendre.

Sur le périmètre de l’Eurométropole, ce transfert représente quelque 40 kilomètres de voies rapides et d’autoroutes dont l'A35 qui traverse Strasbourg (et qui va être déclassée pour l’occasion), mais aussi plus d’une centaine d’ouvrages d’art. Des routes qui, même déclassées, continueront à supporter une circulation importante en attendant l’ouverture, fin 2021, du Contournement ouest de Strasbourg (COS). L’Eurométropole devra désormais régler la facture pour les patrouilles, le fauchage, le balayage, mais aussi, dès janvier 2022, la gestion du personnel. Entretien, surveillance, information… Mais aussi le déneigement. L’Etat va maintenir ses services pour l’exploitation, l’entretien et la gestion du réseau routier jusqu’au 31 mars.

La question des contrôles

Autre question : le contrôle du transit des poids lourds sur la future ex-A35. Comment s’assurer qu’ils emprunteront dès son ouverture le COS ? Un engagement dont la mise en œuvre revient à l’Eurométropole. Qui « compte aussi sur l’Etat » pour arriver à ses fins pour la nouvelle signalisation directionnelle, mais aussi sur les radars ou bien encore les patrouilles de la CRS autoroutière.

L’autoroute une fois déclassée, il est prévu à court terme une baisse de la vitesse maximale à 70 km/h, et la mise en place d’une voie réservée, probablement affectée au bus et au covoiturage. A voir si l’application de cette voie réservée « se fera uniquement pendant les heures de pointe ou autre », précise l’Eurométropole. Et pour voir l’ensemble du dispositif en place, il faudra patienter un peu avec l’ouverture du COS.