Strasbourg : Bientôt une microcrèche ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7

SOCIETE Le projet privé sera soumis à l’avis consultatif du conseil municipal ce lundi. Ce serait la première microcrèche ouverte jour et nuit et tous les jours dans l’agglomération strasbourgeoise

Gilles Varela
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Illustration d'une crèche. Le 22 septembre 2008 à Toulouse.
Illustration d'une crèche. Le 22 septembre 2008 à Toulouse. — Fred Scheiber/20 Minutes
  • Dans le quartier de Hautepierre, une cheffe d’entreprise a lancé le projet d’une crèche Weekend & Kid ouverte 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
  • Avant de donner son accord, la préfecture du Bas-Rhin a demandé son avis consultatif à la ville de Strasbourg. Celle-ci doit se prononcer lors du conseil municipal de lundi.
  • Trois crèches à Strasbourg sont ouvertes jusqu’à 22 heures en semaine, mais fermées le week-end.

La fin des problèmes de garde d’enfants ? Et plus particulièrement pour ceux qui ont des horaires de travail atypiques. Une jeune mère de famille et cheffe d’entreprise, Noëllia Marin, s’est lancée dans l’ouverture à Strasbourg d’une microcrèche ouverte jour et nuit, même le week-end. Plus précisément, elle a fait une demande auprès des autorités compétentes pour demander une extension des horaires de sa microcrèche, Weekend & Kid, ouverte en juin dernier dans le quartier de Hautepierre. Ce projet privé sera soumis à l’avis consultatif du conseil municipal, ce lundi. Et ce, à la demande de la préfecture qui demande à la ville de se prononcer avant de donner son accord.

Mais une mini-crèche ouverte H24, est ce bien nécessaire ? « Aussi surprenant que cela puisse paraître, la demande existe, même si jusqu’à présent, peu de personne pensent qu’une telle solution existe, explique Noëllia Marin. Quand on fait une étude de besoin, la demande est là », sourit la jeune femme. Et la garde d’enfant, elle en a fait le tour de la question.

Une solution pour les familles d’aujourd’hui

Forte de son expérience de cinq années dans le domaine de la petite enfance, elle a une autre corde à son arc, son vécu personnel. Alors jeune maman de deux enfants qu’elle élève en garde alternée, elle travaillait auparavant dans le secteur du tourisme et le père de ses enfants était militaire, sans famille à proximité pour prendre le moindre relais. De quoi voir les problèmes de garde d’un autre œil. « Pour les parents qui ont des horaires atypiques, c’est un casse-tête. Ça m’a semblé tellement injuste, alors quand j’en ai eu l’opportunité, j’ai créé cette microcrèche. J’ai beaucoup d’amis qui doivent adapter leurs horaires de travail, soit cumuler plusieurs accueils entre la voisine, la tatie, des nounous en alternance », détaille Noëllia Marin.

« Une microcrèche ouverte H24, c’est une solution non seulement pour les familles d’aujourd’hui, monoparentales ou pas, mais aussi pour l’avenir car on aura de plus en plus de jeunes parents isolés, avec des familles qui sont de plus en plus loin. Certains travaillent dans les transports, sont routiers, boulangers, policiers, travaillent dans le paramédical. C’est aussi une action de soutien à la parentalité des jeunes couples, d’avoir la possibilité d’un moment pour souffler pendant le week-end, pour se retrouver. L’objectif est d’accueillir des enfants autant en journée que la nuit, le week-end mais avec durée maximale de 12 heures, pour le bien-être de l’enfant. »

Une proposition qui semble séduire Soraya Ouldji, adjointe à la maire de Strasbourg en charge de la petite enfance. Même si elle « ne constate pas une demande très forte dans les trois crèches ouvertes en horaires atypiques [jusqu’à 22 heures en semaine] dont dispose la ville ». L’élue reconnaît cependant que la proposition de cette « structure privée est très rare à l’échelle nationale » et permettrait « répondre à des besoins ». Mais ce, sous plusieurs conditions, notamment de « suivi et de respect des durées de temps de travail, de repos, et de garde de l’enfant. »

Une bonne nouvelle pour la jeune cheffe d’entreprise qui envisage déjà l’ouverture d’une seconde crèche sur le même modèle, en février prochain.