Strasbourg : « Arrêt définitif » de la centrale géothermique après des séismes en série

PLANETE Selon la préfecture, ce projet en centre urbain «n'offre plus les garanties de sécurité indispensables et doit donc être stoppé»

20 Minutes avec AFP

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Forage géothermique opéré par Fonroche à Vendenheim-Reichstett le 13 novembre 2019.
Forage géothermique opéré par Fonroche à Vendenheim-Reichstett le 13 novembre 2019. — G. Varela / 20 Minutes

Ce devait être l’un des projets emblématiques de la géothermie en France mais la centrale bâtie au nord de Strasbourg ne verra pas le jour, condamnée lundi par un arrêté préfectoral après une série de séismes qui ont semé l’émoi dans la métropole alsacienne. « Ce projet, implanté dans une zone urbanisée, n’offre plus les garanties de sécurité indispensables et doit donc être stoppé », a annoncé la préfecture dans un communiqué, précisant qu’un arrêté a été pris en ce sens lundi.

Cette décision vise à « éviter au maximum tout nouveau mouvement sismique », alors que plusieurs tremblements de terre « induits », c’est à dire lié à l’activité humaine, ont été enregistrés depuis fin octobre dans le périmètre de la centrale géothermique développée par la société Fonroche sur les communes de Reichstett et Vendenheim, au nord de l’agglomération.

Le maire de Reichstett satisfait

« Ma préoccupation première est la protection des populations, ça l’emporte bien évidemment sur tout le reste », a déclaré à l’AFP la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier. « D’après mes services, ce qui s’est passé vendredi est d’une intensité absolument extraordinaire et anormale », a-t-elle souligné.

« On ne peut que se réjouir de la décision de l’Etat », a réagi Georges Schuler, le maire de Reichstett. « La géothermie peut être une source d’énergie intéressante, mais il faudrait que dans la métropole, où la densité de population est très forte, on évite ce genre de projets ». Les élus s’interrogent cependant sur le devenir du site, où une centrale de production d’électricité a été construite et où deux forages ont été réalisés jusqu’à cinq kilomètres de profondeur.

Le projet, présenté comme une première française pour la géothermie de haute température, devait, à terme, alimenter de 15.000 à 20.000 logements en électricité, et 26.000 en chaleur directe.

Au nord de Strasbourg, les recherches avaient commencé en 2013, puis, après l’identification d’un gisement, une autorisation de travaux avait été accordée par la préfecture en avril 2016.

100 millions d’euros investis

Mais les opérations avaient été retardées par un premier séisme, de magnitude 3,1, enregistré le 12 novembre 2019 à 5 kilomètres du site. L’activité avait alors été suspendue plusieurs mois avant que des tests ne soient autorisés à l’automne, pour déterminer les causes de ce tremblement de terre.

Malgré ces péripéties, Fonroche, qui a investi près de 100 millions d’euros dans ce projet, annonçait encore courant novembre son souhait de pouvoir mettre en route la centrale dès 2021.

Vendredi matin trois séismes avaient réveillé les habitants de l’agglomération strasbourgeoise. Deux avaient été enregistrés à 06H59, de magnitude 3,5 et 2,6, et un autre était survenu à 11H10, de magnitude 2,8.

S’ils ont causé quelques dégâts matériels à proximité de l’épicentre, ils ont surtout engendré des réactions très vives de la population et des élus, échaudés par plusieurs séismes moins intenses mais significatifs survenus au cours des treize derniers mois. Les maires des communes concernées, les groupes d’opposition à Strasbourg et même la présidente de la métropole, Pia Imbs, sans étiquette mais réputée proche des écologistes, ont réclamé un « arrêt définitif » du projet.