Alsace : Avec ses personnages Jeannala et Seppala, David Grandmaire redessine la région de manière « traditionnelle et moderne aussi »

TRAIT POR-TRAIT « 20 Minutes » s’intéresse aux dessinateurs, illustratrices ou bédéastes dont l’œuvre s’ancre dans un territoire. Pour l’Alsace, David Grandmaire a créé deux petits personnages devenus presque iconiques dans la région

Thibaut Gagnepain

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David Grandmaire, le papa de Jeannala et Seppala.
David Grandmaire, le papa de Jeannala et Seppala. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Dans la série Trait Por-Trait, 20 Minutes suit le trait de crayon de onze dessinatrices, illustrateurs ou bédéastes dont l’œuvre met en avant un territoire.
  • Pour ce premier volet, on part en Alsace où David Grandmaire a créé deux petits personnages, « Jeannala et Seppala ».
  • « Petite Jeanne et petit Joseph » sont quasiment devenus iconiques dans la région. On les retrouve un peu partout, vu le nombre de produits dérivés lancés par l’artiste.

Une coiffe alsacienne pour madame, un chapeau et des vêtements tout aussi typiques pour monsieur et de l’embonpoint pour les deux… Voilà « Jeannala et Seppala » ! Difficiles de rater ces deux petits personnages en Alsace. Un peu plus de quinze ans après leur naissance, « Petite Jeanne et petit Joseph » sont un peu partout. Sur des tableaux, cartes postales, poteries, t-shirts, plaques d’immatriculations… Avec toujours le même papa derrière eux, David Grandmaire.

« Ils ont quand même un peu maigri avec les années, ils ont repris la ligne », s’amuse cet ancien gendarme de 51 ans, à temps plein sur ses créations depuis 2011. Depuis qu’il a été dépassé par le succès de ces deux petits bonshommes dessinés au hasard en 2004. « Comme d’habitude, j’avais mon carnet de croquis avec moi et je les ai grifonnés. Ma femme a trouvé ça sympa alors j’ai continué. » Jusqu’à montrer ses nouveautés à l’exposition annuelle qu’il avait l’habitude d’organiser à Ingersheim. Au milieu de ses huiles au couteau, « des paysages vosgiens, alsaciens, bretons ».

Une région qui l’inspire, contemporaine et traditionnelle

Succès immédiat. Tous les dessins de « Jeannala et Seppala » sont vendus et leurs prénoms trouvés après un vote du public. « L’accueil a été excellent, il y avait beaucoup de bienveillance autour des personnages. C’est là que je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire », reprend le Vosgien de naissance, muté à Colmar en 1997 et plus jamais parti de cette Alsace qu’il venait régulièrement visiter avec ses parents. Une région qui l’inspire tant…
 

David Grandmaire, le papa de
David Grandmaire, le papa de - T. Gagnepain / 20 Minutes

Car les maisons à colombages, les cigognes, la cathédrale de Strasbourg ont aussi leurs places dans ses œuvres. « Petite Jeanne et petit Joseph » se retrouvent parfois à manger une bonne choucroute, à défiler en fanfare au milieu du village, à déambuler à vélo au milieu des vignes… Bref, des images assez traditionnelles remises au goût du jour avec autodérision et ce coup de crayon vif. « C’est l’Alsace contemporaine, résume l’auteur. Elle est traditionnelle mais moderne aussi car il faut savoir évoluer. »

Deux salariés pour gérer l’aspect commercial de l’activité

Lui a su en développant largement sa gamme, désormais disponible dans « 130 points de vente », majoritairement en Alsace. Son catalogue de produits dérivés s’agrandit régulièrement, la plupart du temps avec des producteurs locaux « pour ne pas verser dans la breloque ». Deux salariés ont même dû être embauchés pour gérer l’aspect commercial de l’activité. Cela permet à David Grandmaire de se consacrer pleinement au dessin dans son atelier de Zimmerbach, un petit village entre Colmar et Munster. Sans jamais être à court d’idées !

La preuve ? Il vient de lancer des produits dédiés aux enfants, intitulés « Bubbele » (« bébé » en alsacien). « Tant que je peux m’amuser, je continue », conclut-il, avec le même sourire sincère que « Jeannala et Seppala ».

Pourquoi « Jeannala et Seppala » n’ont ni yeux ni nez ?

Il y a quelques années, David Grandmaire avait annoncé sur Facebook qu’il allait ajouter des yeux à ses célèbres personnages. La nouvelle avait tourné au débat jusqu’à ce que le dessinateur ne révèle qu’il s’agissait d’un poisson d’avril. Plus de quinze ans après leur naissance, « Jeannala et Seppala » n’ont toujours rien vu, ni senti… Pourquoi ? « C’est un pur choix stylistique, je ne voulais pas verser dans la BD, répond leur papa. Sans yeux ni nez, j’ai réussi à les rendre joyeux et sympathique. »