Strasbourg : Marché couvert, palais de la gastronomie alsacienne, lieu alternatif… Que va devenir le Printemps ?

ECONOMIE Le grand magasin devrait fermer ses portes en novembre 2021. Que se passera-t-il ensuite ? On a demandé à un élu strasbourgeois et nos lecteurs

Thibaut Gagnepain

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Le magasin Printemps, à Strasbourg.
Le magasin Printemps, à Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes
  • La nouvelle a surpris : il y a deux semaines, le groupe Printemps a annoncé sa volonté de fermer quatre de ses magasins en France.
  • Celui de Strasbourg, situé en plein centre-ville dans un bâtiment à la façade très moderne, est concerné. Il devrait baisser le rideau en novembre 2021.
  • Pour laisser la place à… ? On a posé la question à nos lecteurs et à l’élu à la mairie de Strasbourg en charge du commerce, Joël Steffen.

Plus de 2.000 commentaires sur la page Facebook de 20 Minutes Strasbourg, pas loin de 400 réponses à notre appel à contributions … L’avenir du bâtiment du Printemps, en plein cœur de la capitale alsacienne, déchaîne les passions !

Il faut dire que le sujet est sensible. D’abord car il est tout nouveau : le groupe, détenu par des fonds qataris, a annoncé il y a peine deux semaines sa volonté de fermer quatre magasins en France. Ensuite car ces décisions devraient avoir des répercussions sur l’emploi. A Strasbourg, au moins 75 salariés sont concernés, sans compter les 80 démonstrateurs employés par les marques. Tous devraient être fixés avant novembre 2021, date à laquelle les rideaux devraient être définitivement baissés.

Un loyer « très cher »

Et après ? Que deviendront ces 7.500 m² répartis sur six niveaux ? Devant un tel espace, les idées ne manquent à personne. A peine la future fermeture du Printemps révélée, une pétition était déjà lancée sur le site change.org. Son créateur, Samuel Cardon, propose de « favoriser l’économie sociale, solidaire et locale, plus respectueuse des personnes et de l’environnement » au sein du futur lieu. Il en appelle à la mairie de Strasbourg afin qu’elle utilise « son droit de préemption ».

La façade du magasin a été complètement revue en 2013. Elle ne plaît pas à tout le monde...
La façade du magasin a été complètement revue en 2013. Elle ne plaît pas à tout le monde... - G. Varela / 20 Minutes

« Nous ne pouvons pas car le loueur actuel arrive en fin de bail et le propriétaire fera ce qu’il veut. Je crois que c’est un fonds de pension anglais et il n’a d’ailleurs pas encore communiqué ses intentions », réagit Joël Steffen. L’adjoint à la maire en charge du commerce l’avoue, il ne sait pas exactement combien cela pourrait coûter de louer l’endroit. « Mais on sait que c’est très cher ! », résume-t-il en évoquant une fourchette « qui va de 1,5 à 4 millions d’euros annuels ».

A ce tarif-là, pas sûr que l’équipe de Jeanne Barseghian ait les moyens de se positionner. « Nous aurons quand même des leviers, insiste Joël Steffen. Si on peut créer un dialogue avec de potentiels investisseurs, on le fera. Pour nous, il est très important que quelque chose d’intéressant soit proposé et qu’il soit à la hauteur de son emplacement. »

« Le palais de la gastronomie alsacienne »

Comme un grand marché couvert ? La proposition est revenue de nombreuses fois dans notre consultation. Beaucoup y verraient des producteurs voire des artisans locaux. « C’est vraiment quelque chose qui manque à Strasbourg, dans un lieu aussi grand, en plein centre-ville, ça serait vraiment le top ! Mais aussi un lieu alternatif, avec des petits cafés, des lieux d’exposition… quelque chose qui ressemble à notre belle ville ! », ajoute Margaux dans sa contribution.

La possibilité de mettre de nombreux restaurants ressort également beaucoup. Sébastien Kremser voit ainsi « un "food court" avec la gastronomie et les produits alsaciens du même style que le "Mercado Little Spain" à New York. » Ce serait alors « le palais de la gastronomie alsacienne », dont rêve Paul-Edouard ! Ou alors un espace dédié aux jeux : « bowling, trampoline parc, laser games, bar à jeux de société, escape games, salle d’escalade et parcours ninja warrior », comme l’imagine Cynthia Sibilitz.

« Mini Louvre »

Et si finalement l’énorme bâtiment était dédié à la culture ? On rejoint là le projet de Virginie Farges et de son « mini Louvre avec expositions, photos, sculptures, dessins, possibilités de cours d’arts plastiques, etc. » Plus minoritaires, certains aimeraient tout simplement que des logements soient créés « car il en manque ». Ils sont en tout cas bien moins que ceux qui réclament que la façade, largement modernisée en 2013, soit détruite…

Le ou les prochains locataires décideront. « Je ne suis pas inquiet, conclut l’adjoint au maire Joël Steffen. Même si la dynamique de crise actuelle pourrait changer la donne, Strasbourg reste une ville attractive pour des investisseurs. »