Strasbourg : Concrètement c’est quoi la déclaration de l’urgence climatique de l’Eurométropole ?

ENVIRONNEMENT L’Eurométropole déclare l’Etat d’urgence climatique et accélère la mise en œuvre d’actions concrètes du Plan climat 2030

Gilles Varela

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A Entzheim au sud de Strasbourg, l'entreprise Freshmile, rencontrée en novembre 2017, conçoit des bornes de recharge de voitures électriques.
A Entzheim au sud de Strasbourg, l'entreprise Freshmile, rencontrée en novembre 2017, conçoit des bornes de recharge de voitures électriques. — Bruno Poussard / 20 Minutes

Comme une réaction en chaîne. Après la ville de Strasbourg, c’est au tour de l’Eurométropole de déclarer l’Etat d’urgence climatique. Cela sera fait officiellement lors du prochain conseil ce vendredi. Cet acte symbolique va maintenant se traduire selon l’exécutif par un appel à l'«  Alliance pour le climat ». L’idée est de « mobiliser un réseau d’acteurs qui ont envie d’agir, explique Pia Imbs, la présidente de l’Eurométrople. Cet appel fait « aux forces vives de chaque commune », aux entreprises, aux associations, aux institutions, aux habitants de l’agglomération Strasbourgeoise, n’a pas uniquement pour objet de débattre dans les quatre groupes de réflexion qui vont être mis en place mais surtout d’engager des actions concrètes.

Du concret ? Le conseil devrait valider ce vendredi la création de l’Agence du climat. Une agence déjà prévue par l’ancienne mandature dans le cadre du plan climat. De type associative, elle sera au service de tous, du simple citoyen aux communes. L’objectif est « d’avoir un guichet unique, explique Danielle Dambach, vice-présidente de l’Eurométropole. Les demandes seraient ensuite dispatchées vers des référents multithématiques qualifiés. » Le but, permettre de bénéficier d’un accompagnement technique, financier et administratif, les rénovations énergétiques, les énergies renouvelables, la gestion des déchets… Tout comme répondre à des questions de mobilité du quotidien, de transports, mais aussi faire des propositions, tout est possible… « Un lieu de rencontres et d’échanges pour connaître et valoriser toutes les initiatives. Chacun doit prendre sa part dans cette urgence climatique », martèle Pia Imbs. » La mise en place effective de cette agence devrait se faire début 2021, une fois les statuts déposés. Côté budget, pour l’instant, il reste à définir…

Les mobilités

« Très concrètement », insiste Pia Imbs, la question des mobilités et limiter l’utilisation de la voiture. Le transport à la demande, expérimenté par Robert Herrmann, ancien président de l’Eurométropole, va être déployé sur la deuxième couronne. Ainsi l’ensemble des 33 communes sera « desservi ». Pour info, avant la crise du Covid, les petites navettes à la demande transportaient un millier de personnes par semaine, dont 34 % allaient d’une commune à l’autre et 42 % pour rejoindre le tram, un TER où une ligne de bus conventionnelle. « L’expérimentation est couronnée d’un véritable succès », se félicite Pia Imbs. Une vingtaine de petites navettes électriques, pour 9 personnes et pouvant transporter un ou deux vélos accrochés, vont être achetées avant d’être déployées sur l’ensemble des communes et parfois même au-delà si cela est nécessaire. Notamment pour atteindre une zone d’activité ou industrielle.

Le réseau va donc s’étoffer pour répondre à la demande croissante « sans demander de nouveaux aménagements » se félicite Alain Jund. Le cadencement va augmenter tout comme le nombre d’arrêts et les plages horaires qui seront étendues de 5h du matin à minuit. Les frais de fonctionnement s’élèvent à 3 millions d’euros et seront compris dans les subventions faites (120 millions d’euros par an) à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). « C’est un coût acceptable au regard du service offert aux habitants » estime Alain Jund, vice-président aux transports l’Eurométropole en charge des mobilités.

Autre « action concrète » dans un premier temps, le déploiement de bornes de recharge, confié à l’entreprise Freshmile, pour les véhicules électriques et hybrides dans l’ensemble des communes de l’agglomération. Cela représente environ 90 bornes, soit près de 150 points de charge publics. Tous seront discutés avec les maires pour trouver le meilleur emplacement, mais « chaque commune aura au moins une borne de recharge » promet Alain Jund. Celles-ci devraient être installées à partir de 2021 et ce jusqu’à la fin du premier semestre 2022.