Coronavirus en Alsace : De nouvelles mesures prises face à des chiffres qui grimpent « extrêmement » rapidement

SANTE Les évènements sportifs et associatifs étant les nouveaux clusters du Bas-Rhin, un arrêté préfectoral sera pris en fin de semaine visant l’interdiction des buvettes

Gilles Varela

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Illustration masque dans la rue.
Illustration masque dans la rue. — Mikhail Tereshchenko/TASS/Sipa U/SIPA
  • En deux semaines, les données sanitaires du département du Bas-Rhin confirment « une recrudescence préoccupante » de la circulation active du coronavirus.
  • Les évènements sportifs et associatifs sont les principaux pourvoyeurs de nouveaux clusters.
  • La préfète Josiane Chevalier va interdire les buvettes lors de ces occasions.

Le Bas-Rhin, qui avait jusque-là réussi à échapper aux mailles du filet, est finalement tombé dans la nasse. En deux semaines, les données sanitaires du département confirment «  une recrudescence préoccupante » de la circulation active du coronavirus avec un taux d’incidence de 179 cas pour 100.000 habitants. « Un chiffre très élevé », qui connaît « une évolution extrêmement rapide », s’inquiète la préfète. D’autant que le « taux de positivité ( nombre de malades rapporté au nombre de personnes testées ) monte à 8,4 %». Des chiffres qui grimpent plus encore dans l’Eurométropole avec un taux d’incidence de 226 cas pour 100.000 habitants, et qui pourraient « très rapidement atteindre les 250 » assurent les autorités.

Les brassages de population mais surtout les évènements sportifs, inquiètent. A juste titre car les clusters concernent à présent surtout le milieu sportif et associatif. « C’est actuellement la principale cause de diffusion du virus, ça n’arrête pas » indique Michèle Eschlimann, vice-présidente du conseil départemental du Bas-Rhin.

Masque obligatoire dans et autour des cimetières

Aussi, un arrêté préfectoral devrait être pris d’ici la fin de la semaine pour interdire les buvettes lors de ces évènements. Moments où « les gens s’acquitteraient facilement du masque » et « multiplieraient rapidement les gestes de convivialités ». La question des vestiaires est également dans le viseur des autorités, des réflexions sont en cours. D’autre part, concernant les évènements à venir en cette période de la Toussaint, le masque sera rendu obligatoire dans et aux abords des cimetières.

Autre donnée qui alerte les autorités, le taux d’incidence dans le Bas-Rhin chez les plus de 65 ans, ceux qui risquent de développer une forme grave du Covid-19. En deux semaines, il a pratiquement doublé et a atteint 92 pour 100.000 habitants. De quoi interpeller même si ce « taux ne se traduit pas encore dans le nombre des hospitalisations », souligne la préfète. Pour l’heure, le taux d’hospitalisation représente un peu moins de 10 % de ses capacités d’accueil. « Il n’y a donc pas d’inquiétude de ce côté-là mais on verra à la fin de la semaine », prévient Josiane Chevalier.

Avec tout ça, y aura-t-il un marché de Noël à Strasbourg ou pas ? Comme « annoncée depuis le début », une décision sera prise fin octobre. Mais la réponse dépend « d’une approche globale sur le département, de la région, car la décision sera regardée par les autres départements, indique Josiane Chevalier. On réfléchit sur l’ensemble du sujet « marché de Noël », sur le plan sécuritaire, sanitaire, et l’aspect économique. »

En attendant, la plus grande vigilance est demandée à la population, « le respect des gestes barrières », martèle la préfète qui conclut : « Il ne faut pas se relâcher pour s’assurer des jours meilleurs. »