Coronavirus dans le Grand-Est : L’Allemagne classe la région en zone à risque dès samedi, mais ça ne change pas grand-chose pour les Alsaciens et les Mosellans

EPIDEMIE Mais pour les Alsaciens et les Mosellans, cela ne devrait pas changer grand-chose, les trois Länder se sont accordés pour autoriser l’accès aux zones frontalières si cela ne dépasse pas les 24 heures

Gilles Varela
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Illustration. Strasbourg le 16 septembre 2015. La police Allemande à la frontière  franco-allemande à Kehl.
Illustration. Strasbourg le 16 septembre 2015. La police Allemande à la frontière franco-allemande à Kehl. — G. Varela / 20 Minutes

La rumeur qui courait sur les réseaux sociaux et certains médias depuis mercredi soir, s’est finalement confirmée ce jeudi en fin d’après-midi. L’Allemagne a classé le Grand-Est en zone à risque, au vu des mauvais chiffres enregistrés ces derniers jours face à l’épidémie de Covid-19. Ce sera effectif à partir du samedi 17 octobre minuit, (c’est-à-dire dans la nuit de vendredi à samedi) selon Robert Koch Institut, site officiel sur lequel apparaît le classement des zones à risque. Jusqu’ici, le Grand-Est était la seule région, avec la Corse, à avoir échappé à ce classement en rouge par les Allemands…

La rumeur a poussé dès jeudi matin les Alsaciens sur les routes, direction la frontière, souvent pour faire les « dernières courses », chercher un enfant ou un parent, ou simplement rentrer chez soi. Une ruée qui a créé des embouteillages monstres un peu partout sur le territoire, rappelant les mauvais souvenirs vécus en mars dernier, alors que l’Allemagne décidait unilatéralement de fermer la frontière et de rétablir les contrôles. Si l’information a mis tant de temps à être officielle, c’est parce que les autorités allemandes et françaises ont cette fois dû discuter des modalités d’application de la mesure, qui n’arrange personne.

Et maintenant ?

Ce classement, bien indiqué à présent sur le site officiel allemand, n’est pas sans conséquence pour la région Grand-Est. A l’approche des vacances de la Toussaint, et bientôt de Noël, faut-il annuler ses balades de l’autre côté du Rhin ? Les visites chez Europa Park ou bien encore celles à la grand-mère qui vit à Offenbourg ?

Plus concrètement, les travailleurs transfrontaliers vont-ils devoir rester chez eux ? Les Allemands qui travaillent en France vont-ils pouvoir continuer à venir ou accepter d’avoir, comme il n’y a pas si longtemps, de longs moments à patienter à la frontière ? Va-t-il y avoir une quarantaine ? Des tests obligatoires ?

En théorie, les mesures devraient être les mêmes que celles appliquées à toutes les autres régions françaises. Cela implique des déclarations administratives, de détenir un test PCR négatif réalisé dans les dernières 48 heures avant de passer la frontière (en langue allemande ou anglaise) pour éviter une période de quatorzaine. Faute de ce test, il est obligatoire de passer un dépistage PCR dans les 72 h après son entrée sur le territoire allemand et de se placer en auto quarantaine jusqu’à l’obtention des résultats.

Les trois Länder s'accordent

En revanche les trois Länder, la Sarre, le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat se sont accordés officiellement ce vendredi. Des accords-cadres corona avec le gouvernement fédéral allemand, discutés mercredi, permettaient aux trois Länder frontaliers de décliner les mesures pour les modalités de passage. C'est donc chose faite. Par conséquent, dans ces trois länd, une période de 24 heures, sans restriction dans la zone frontalière, est autorisée. Il sera donc possible de faire ses courses ou d’aller dans un parc d’attractions en Allemagne, comme d’habitude, à condition de ne pas dépasser une période de 24 heures. Car l’idée qui prédomine des deux côtés du Rhin, est de ne pas bloquer la frontière mais au contraire de favoriser les mobilités transfrontalières, de proximité.