Un shampoing au chanvre alsacien pour éviter « les cheveux gras, poisseux »

START-UP Les produits sont accessibles en précommande, pour un tarif d’environ 20 € l’unité

Thibaut Gagnepain

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Lisa Schino (à droite), la créatrice de Lao, avec Margaux Lamy, la chargée de communication de la start-up.
Lisa Schino (à droite), la créatrice de Lao, avec Margaux Lamy, la chargée de communication de la start-up. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Une start-up strasbourgeoise vient de lancer la vente de deux shampoings, sous la marque Lao.
  • C’est le résultat de près de dix-huit mois de travail pour Lisa Schino, jeune entrepreneuse qui a quitté ses études pour se lancer dans ce projet.
  • Les ingrédients de ces deux shampoings sont « 100 % d’origine naturelle », souvent français ou provenant des pays limitrophes. Le tout dans un flacon consigné et recyclable.

Un flacon jaune, un autre vert. Tous en aluminium « car c’est un matériau qui se recycle très facilement. » Lisa Schino a poussé la démarche jusqu’à penser à l’emballage. Après dix-huit mois de réflexion, cette Strasbourgeoise de 23 ans vient de lancer ses deux shampoings « 100 % d’origine naturelle » sous la marque Lao (prononcer « là-haut »).

Les produits sont vendus, depuis début octobre, sur la plateforme de financement participatif Ulule. « La campagne a super bien commencé avec près de 500 précommandes, on est contents », sourit la jeune entrepreneuse, ancienne étudiante en école de management, spécialité « affaires internationales ». Elle ne s’imaginait alors pas du tout prendre cette direction.

« Tout est parti de stages dans de grandes entreprises de cosmétiques, raconte la jeune fille. J’essayais pas mal de shampoings et c’était la cata ! Mes cheveux étaient gras, poisseux… J’ai regardé sur Internet et je n’étais vraiment pas la seule à me plaindre. Ça m’a donné envie de creuser le sujet. »

Tellement que la jeune Alsacienne s’est penchée sur les formules mêmes des produits. « Je me suis rendu compte qu’ils étaient remplis d’ingrédients chimiques. Il y avait aussi des perturbateurs endocriniens et des tas de choses qui venaient du bout du monde alors que les marques se revendiquaient bio. Globalement, il y avait un vrai manque de transparence. »

« Les gens ont vraiment adhéré au concept »

Son projet était lancé. Il a vraiment pris corps lors « d’un start-up week-end à Nantes » en juin 2019. « J’ai présenté ce que je voulais faire et j’ai gagné la finale mondiale avec une vidéo qui a été vue plus de 130.000 fois sur LinkedIn. Les gens ont vraiment adhéré au concept », se souvient encore Lisa Schino, qui est ensuite passée à la vitesse supérieure.

D’abord avec un prêt bancaire de 50.000 € (garanti par un fonds de soutien aux entrepreneurs) « pour être indépendante », puis une recherche assidue de laboratoires. « Je ne voulais pas faire ça dans ma cuisine », s’amuse-t-elle aujourd’hui, après des heures de travail avec une « formulatrice » installée à La Rochelle. « C’est elle qui m’a contactée. Elle avait longtemps travaillé dans les cosmétiques et mon histoire lui plaisait. On a vraiment eu une relation incroyable. »

Qui a donc abouti à la création de deux shampoings. « Un au chanvre alsacien qui est plus nourrissant, un autre à l’ortie du Sud-Ouest, davantage purifiant », détaille la créatrice de Lao, avant d’insister sur le faible nombre d’ingrédients utilisés. « Respectivement 13 et 12, on en voulait le moins possible. Tous viennent de France ou de pays frontaliers si ça n’existait pas et on a à chaque fois pesé le pour et le contre avant de les choisir. » Souvent avec l’aide de la communauté créé sur LinkedIn. « Ceux qui nous suivent ont beaucoup participé. Quand j’ai voulu faire tester les échantillons, je n’ai pas pu satisfaire tout le monde ! »

Environ 20 € le flacon de 200 ml

La certification Ecocert « COSMOS Organic » obtenue, l’heure est donc maintenant à la commercialisation. Enfin presque. Les livraisons à domicile des premiers produits sont annoncées pour janvier 2021. « On lancera la production, qui aura lieu dans une usine près d’Angers, dès que la campagne sera finie sur Ulule fin octobre », explique l’entrepreneuse. « Ensuite, on aura deux mois pour trouver des points de vente en France ». Sa marque pourrait être accessible en « pharmacie, dans les magasins bio et chez les coiffeurs ». Qui auront aussi la possibilité de récupérer les flacons vides, consignés. Un autre versant de ce projet « écoresponsable ».

Tarif des flacons de 200 ml ? « On devrait le trouver à 20 €. Ça me semble être le prix juste, qui se situe entre celui d’un shampoing trouvé en pharmacie ou dans un salon. On marge très peu et on ne pouvait pas descendre en dessous, on travaille avec énormément de producteurs français », détaille l’entrepreneuse qui a déjà d’autres idées en tête. Ceux d’après. Comme l’après-shampoing.