A Strasbourg, les urgences des hôpitaux seraient toujours saturées et le personnel épuisé, selon FO

SANTE « Nous craignons d’être à un niveau de rupture et qu’on n’arrive pas à assumer la demande de soins qui va suivre en entrant dans l’hiver », explique un délégué syndical

T.G. avec AFP

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Le Nouvel Hôpital Civil à Strasbourg. (Illustration)
Le Nouvel Hôpital Civil à Strasbourg. (Illustration) — G. VARELA / 20 MINUTES
  • La situation dans les hôpitaux de Strasbourg n’est pas idyllique, à en croire Force ouvrière.
  • Depuis le 17 septembre, « nous avons dû intervenir par deux fois sur les urgences du NHC (Nouvel Hôpital Civil) en faisait des droits d’alerte à la suite d’une sursaturation des urgences de l’établissement », à 160 % des capacités d’accueil, a indiqué Christian Prudhomme, secrétaire général FO.
  • Le personnel serait épuisé. « Il n’y a pas un seul soignant qui ne se demande pas : qu’est-ce que je peux faire d’autre ? », affirme Sylvie Speiser, infirmière anesthésiste au Samu.

Le Covid-19 laisse un peu plus tranquille l'Alsace depuis quelques semaines. Une très bonne nouvelle si l’on en croit l’état des lieux des services d’urgence des hôpitaux strasbourgeois dressé par le syndicat Force ouvrière. D’après FO, le service des urgences fonctionne toujours de manière dégradée, avec un manque de lits, du personnel insuffisant et épuisé, qui font craindre le pire en cas de rebond du virus.

Depuis le 17 septembre, « nous avons dû intervenir par deux fois sur les urgences du NHC [Nouvel Hôpital Civil] en faisait des droits d’alerte à la suite d’une sursaturation des urgences de l’établissement », à 160 % des capacités d’accueil, a indiqué Christian Prudhomme, secrétaire général FO aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) qui regroupent différents hôpitaux dans la capitale alsacienne.

Selon un audit du cabinet d’expertise Technologia, demandé par FO en 2019 après le suicide d’un soignant, basé sur un taux de réponse de 50 % et qui vient d’être remis à la direction, 30 % du personnel des urgences a « un risque élevé ou très élevé d’épuisement professionnel ». « Nous craignons d’être à un niveau de rupture et qu’on n’arrive pas à assumer la demande de soins qui va suivre en entrant dans l’hiver », a-t-il expliqué, regrettant un manque « d’anticipation et de prise de responsabilités », alors même que les HUS sont encore relativement épargnés par une reprise de l’épidémie de coronavirus. Seulement huit patients étaient en réanimation vendredi, un chiffre relativement stable depuis mi-septembre, selon les données du groupement hospitalier.

« Cet hôpital tient uniquement sur la bonne volonté des soignants »

« On se retrouve face aux mêmes difficultés » qu’avant, « avec la nouveauté de la fatigabilité des soignants » après la crise sanitaire du printemps, a insisté Christian Prudhomme. Sans atteindre le niveau de crise des urgences de l’hôpital de Mulhouse en 2019 en manque cruel de personnel, les urgences de Strasbourg ont ces dernières années, à l’instar de nombreux services d’urgences en France, mené plusieurs mouvements de grève pour dénoncer le manque de moyens et d’effectifs.

« On est dans un dysfonctionnement chronique qui n’est plus gérable », a dénoncé le Dr Sébastien Harscoat, médecin urgentiste non syndiqué. « Cet hôpital tient uniquement sur la bonne volonté des soignants » pourtant « franchement épuisés » par la crise du printemps, a-t-il témoigné.

Cent cinquante postes d’infirmiers à pourvoir

« On trouve normal que tous les jours on soit en situation exceptionnelle, on n’arrive plus à répondre à la demande de soins », a renchéri Sylvie Speiser, infirmière anesthésiste au Samu. « Il n’y a pas un seul soignant qui ne se demande pas : qu’est-ce que je peux faire d’autre ? », a-t-elle affirmé, ajoutant que plusieurs soignants, notamment expérimentés, ont préféré quitter la fonction publique hospitalière récemment.

Actuellement, aux HUS, 150 lits sont fermés faute de personnel et 150 postes d’infirmiers sont à pourvoir, selon FO.