Strasbourg : L'étudiante maintient avoir été agressée et se dit « anéantie » par le « lynchage » dont elle est maintenant victime

ENQUETE « Elisabeth est complètement abasourdie par le fait qu'on puisse dire qu'elle a menti », a indiqué son avocate

T.G. avec AFP

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La passerelle qui mène du quai des Alpes à la médiathèque Malraux, à Strasbourg, où l'étudiante se serait faite agressée.
La passerelle qui mène du quai des Alpes à la médiathèque Malraux, à Strasbourg, où l'étudiante se serait faite agressée. — Wikicommons
  • L’agression sexiste dont s’était plainte une étudiante fin septembre à Strasbourg n’en finit pas de faire parler.
  • Après le témoignage de la victime, les doutes émis par les enquêteurs, c’est cette fois l’avocate de la victime qui prend la parole.
  • Me Millet explique que sa cliente est « anéantie » par le lynchage dont est victime sa cliente sur les réseaux sociaux.

Un témoignage fort puis des doutes. Depuis le 22 septembre, une étudiante strasbourgeoise est au centre des attentions. Ce jour-là, elle s'était plainte d'une agression : trois hommes l’auraient frappée au prétexte qu’elle portait une jupe. La semaine dernière, sa version des faits avait été écornée par les enquêteurs, qui peinent à avancer.

Qu’en est-il aujourd’hui ? « Elisabeth est complètement abasourdie par le fait qu’on puisse dire qu’elle a menti », a indiqué son avocate, Maître Pascale Millet. « Elle est anéantie » par le « lynchage » qu’elle vit sur les réseaux sociaux où les menaces de mort côtoient les insultes. « Elisabeth a été offerte à la vindicte populaire […] J’ai l’impression qu’on repart 20 ans en arrière et qu’on veut absolument trouver des reproches à faire à une victime », a poursuivi son conseil.

« Elle a toujours dit la même chose »

Selon Me Millet, ce harcèlement a débuté après la publication mercredi d’informations selon lesquelles l’enquête « piétine », notamment en raison de déclarations évasives de la jeune femme et de l’exploitation de bandes de vidéosurveillance sur lesquelles ni elle, ni ses présumés agresseurs, ni l’agression n’apparaissent.

D’après l’avocate, les déclarations de sa cliente n’ont au contraire rien d’évasives. « Elle a toujours dit la même chose, qu’elle a été agressée sous une passerelle » le vendredi 18 septembre en début d’après-midi quai des Alpes, un endroit passant en lisière du centre-ville mais « où il n’y a pas de caméra ». Me Millet a également balayé une autre zone d’ombre : le téléphone mobile de la jeune femme aurait borné chez elle au moment de l’agression alors qu’elle disait l’avoir en main. Or, « cette borne couvre aussi bien le lieu de l’agression que son domicile ».

Bientôt entendue une troisième fois ?

L’avocate souligne encore que sa cliente, qui « se tient à la disposition de la police », est « d’accord » pour être entendue une troisième fois par les enquêteurs et qu’elle « maintient » toutes ses déclarations antérieures.

Quant à ses liens avec le groupe Stras Défense – collectif qui se présente comme apolitique et dit lutter contre le harcèlement de rue –, ils n’ont rien de politique, selon elle. L’étudiante le suivait depuis l’été et en est devenue modératrice après son agression, précise l’avocate qui insiste : « Elle n’a aucun discours politique ».