Coronavirus en Alsace : Test ultra-rapide pour les jeunes, traçage... Comment la région veut endiguer la deuxième vague de l'épidémie

SANTE Malgré une situation « globalement maîtrisée », de nouvelles mesures vont être prises pour endiguer la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus dans le Grand-Est

Gilles Varela

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Un test PCR gratuit pour dépister le Covid-19 à Strasbourg, le 10 juillet 2020
Un test PCR gratuit pour dépister le Covid-19 à Strasbourg, le 10 juillet 2020 — CHRISTELLE REWIAKO/SIPA
  • Même si le « respect des gestes barrières reste le meilleur moyen, pour l’instant, de freiner l’épidémie », les autorités annoncent de nouvelles mesures dans le Grand-Est.
  • Traçage sur la base du volontariat, port du masque obligatoire prolongé, 400.000 tests à résultat rapide proposés aux étudiants et dans les Ehpad avant le 24 octobre, date du début des congés.

Jusqu’ici, tout va bien (ou presque), pour les Alsaciens. Même si le coronavirus circule activement sur le territoire, plusieurs indicateurs donnent quelques espoirs à l’une des régions les plus touchées lors de la première vague. Si aujourd’hui « la situation est globalement maîtrisée », souligne la préfète de région et du Bas-Rhin Josiane chevalier, la plus grande vigilance est demandée à tous.

« Notre territoire suit avec un peu de retard la tendance nationale, mais avec des chiffres qui sont grosso modo moitié moindre que ceux du national », assure l’ARS. Vendredi soir, le taux d’incidence pour la région était à 53,8 pour 100.000 habitants, (63,9 pour le Bas-Rhin et 40,1 dans le Haut-Rhin) quand la France est à 130,7, avec un taux de positivité à 4,7 % (3,7 % dans le Bas-Rhin), quand la France est à 8 %. »

« Bons résultats » et respect des règles

De « bons résultats » expliqués en partie selon les autorités par des mesures préventives prises très tôt, comme le port du masque en extérieur. Mais aussi par le respect des gestes barrières en Alsace. « On a l’habitude de respecter la règle, mais, il y a une crainte aussi. Les chiffres le montrent. Les personnes de plus de 65 ans se protègent car on sait le lourd tribut qui a été payé. Je pense qu’il y a une vraie adhésion à ces mesures. Même à vélo alors que ce n’est pas obligatoire, beaucoup portent le masque. » A cela s’ajoute la capacité à tester, tracer et isoler, souligne l’ARS. « L’activité des tests reste soutenue dans le Grand-Est. On n’a aucun problème de délais, de réalisation ni de rendu des résultats des tests. »

Reste que le rebond se concentre surtout sur les plus jeunes, la tranche 20-29 ans, notamment dans les métropoles de Strasbourg et Mulhouse », observe l’ARS. Aujourd’hui, le Grand-Est compte 135 clusters, contre 114 la semaine précédente. « Quarante sont consécutifs à des rassemblements publics ou privés, 19 liés au monde universitaire et scolaire, 15 au milieu professionnel, 8 concernent des Ehpad », détaille l’ARS. Dernier cluster en date, à la suite probablement d’un repas organisé par des étudiants dans un restaurant de Schiltigheim. Ces derniers avaient privatisé la salle pour l’occasion. Le restaurant a depuis été mis en demeure par la préfète qui « n’hésitera pas à sanctionner les abus », promet-elle.

Expérimentation de 400.000 tests de dépistage

Mais ce qui inquiète particulièrement les autorités, c’est l’arrivée des vacances de la Toussaint avec ses inévitables « brassages de population ». Même si le respect des gestes barrières reste le meilleur moyen pour l’instant d’y parvenir », martèle la préfète, de nouvelles mesures ont été à cette fin été annoncées vendredi lors d’un bilan hebdomadaire vendredi avec les autorités sanitaires.

Aussi, « une campagne expérimentale de tests antigéniques va être proposée aux étudiants du Grand-Est avant le 24 octobre, début des congés. Les étudiants mais aussi dans les Ehpad. Jeunes et moins jeunes vont pouvoir ainsi bénéficier de 400.000 tests à résultat rapide, en trente minutes. Objectif, éviter les contaminations lors des retours dans les familles.

Dans les autres mesures prises pour endiguer la vague, un accord a été pris avec les hôteliers-restaurateurs pour expérimenter le traçage des clients qui pourront laisser leurs coordonnées, comme en Allemagne, mais sur la base du volontariat. Enfin, le port du masque dans les communes de plus de 10.000 habitants du Bas-Rhin restera obligatoire jusqu’au moins la fin octobre. « Les maires ont déjà été informés, les arrêtes vont être reconduits, par quinzaine, car il faut rester réaliste, prévient la préfète, tant qu’il il n’y aura pas de vaccins, de traitement, il va falloir apprendre à vivre avec les masques, car on n’a pas beaucoup d’autres solutions que les mesures barrières. »