Les petits Alsaciens de plus en plus gros, de plus en plus tôt

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Un problème de poids. Bien qu'aucune animation ne soit prévue demain à Strasbourg dans le cadre de la Journée nationale d'information sur l'obésité infantile, la région n'est pas épargnée par le fléau. Quelque 17,6 % des Alsaciens âgés de 5 à 7 ans souffrent d'un problème de surpoids, contre 14,4 % des autres petits Français, plaçant l'Alsace au deuxième rang des régions hexagonales, après la Corse.

« Globalement, un enfant sur cinq est en surpoids actuellement en Alsace. Si rien est fait, d'ici à dix ans, on va se rapprocher des Etats-Unis qui comptent un enfant obèse sur trois », déplore François Undreiner, pédiatre.

Ces mauvais chiffres s'expliquent d'une part par « une culture régionale du bien manger », qui privilégie notamment les aliments frits et la charcuterie, d'autre part en raison d'une croyance locale vivace selon laquelle « un gros bébé est un beau bébé en bonne santé ». « Il s'agit d'une fausse idée à combattre, explique François Undreiner. Car 80 % des enfants en surpoids avant 4 ans seront des adultes obèses. » D'où, insiste-t-il, la nécessité de prendre en compte le problème le plus tôt possible et de consulter régulièrement un professionnel de santé. Autre conseil : « Apprendre aux enfants à prendre du plaisir en mangeant. Il faut les faire participer aux courses, notamment aux achats de légumes, et les impliquer dans la préparation des repas. » Mais aussi, leur donner de l'eau et non des sodas quand ils ont soif, leur faire pratiquer une activité physique tous les jours et ne pas leur donner de goûter pour la récréation de 10 h. « Un enfant a besoin de quatre repas par jour, c'est-à-dire un petit-déjeuner, un déjeuner, un goûter à 16 h et un souper, précise le pédiatre. En tant que cinquième repas, la collation du matin est un facteur important de surpoids. » ■ P. W.