Les Hospices civils malades de leur budget

Ludovic Meignin

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Les syndicats attendent de pied ferme Nicolas Sarkozy, qui doit inaugurer ce matin le Nouvel Hôpital civil (NHC) de Strasbourg. Pour la représentante du personnel CFDT, Rolande Audouin, « la venue du président de la République est l'occasion ou jamais de nous mobiliser pour faire part de nos inquiétudes ». Son syndicat appelle à la grève aujourd'hui aux HUS, conjointement avec la CFTC, SUD Santé et Unsa. La CGT a fait de même, en organisant dès hier un mouvement de contestation illimité et reconductible. Les organisations de salariés craignent que l'hôpital public soit sacrifié sur l'autel de la rentabilité. A l'heure actuelle, le déficit des HUS atteint trente millions d'euros. Une réunion doit se tenir le 19 janvier avec la direction générale pour examiner les conséquences du plan de retour à l'équilibre. « Nous redoutons des mesures de réduction des effectifs, alors qu'il y a déjà un manque de personnel soignant, entraînant son épuisement. Cette pénurie peut conduire à des risques pour la sécurité des salariés et celle des patients. La situation est particulièrement tendue au service de réanimation pédiatrique », soutient Rolande Audouin. Claudine Giorgi, secrétaire générale CGT des HUS, enfonce le clou : « Les agents sont de plus en plus sous pression avec des astreintes déguisées. On leur demande de rester joignables à tout moment, sans compensation financière. »

Les HUS comptent plus de 11 200 salariés. Ce poste représente plus de la moitié du budget total qui s'élevait en 2007, de source syndicale, à 730 millions d'euros.

Mais pour Jean-Claude Matry, qui préside la CFTC des HUS, « ce n'est pas parce qu'il y aura des emplois en moins que l'on va pouvoir éponger le déficit. Ce dernier a été aggravé par la mise en place de la tarification à l'activité (T2A) car, contrairement aux cliniques privées, les établissements publics se doivent d'accueillir tous les malades », y compris ceux qui n'ont pas les moyens de payer les soins. De plus, les 35 heures n'ont rien arrangé, même si ce n'est pas la principale cause du déficit. Selon la CGT, « on n'a pas donné les moyens financiers à l'hôpital d'appliquer cette mesure dans de bonnes conditions ». Contactée par 20 Minutes, la direction des hôpitaux universitaires n'a pas souhaité faire de déclaration. ■