Strasbourg : Des aides pour lutter contre la précarité étudiante

UNIVERSITE La crise du coronavirus a accentué la précarité des étudiants, aussi de nouvelles aides financières sont mises en place pour cette rentrée

Gilles Varela

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Resto'U Paul Appell  à Strasbourg le 24 09 2020.
Resto'U Paul Appell à Strasbourg le 24 09 2020. — G. Varela / 20 Minutes
  • Pour aider les étudiants, notamment les plus précaires, touchés par les conséquences économiques de la crise sanitaire, des mesures de soutien sont mises en place à Strasbourg.
  • Santé, transports, alimentation, reste l’éternel problème du logement, principale source d’inquiétude des étudiants en situation de précarité.

A conditions particulières, rentrée universitaire peu ordinaire. Financièrement touchés par la crise du Covid-19, certains étudiants abordent ce mois de septembre bien démuni. Pas de job d’été pour se faire un petit pécule d’avance, peu de petits boulots disponibles, pour de nombreux étudiants qui subviennent seuls à leur besoin, la situation est tendue. Aussi, l’Eurométropole de Strasbourg et le Crous ont mis en place de nouvelles mesures de soutien, notamment pour les étudiants boursiers, soit près de 22.000 pour l’académie de Strasbourg. Aide à la mobilité, santé, alimentation…

Des mesures très appréciées des étudiants que 20 Minutes a rencontré sur le campus, même si d’éventuelles « aides pour le logement » sont surtout espérées. Le budget logement reste en effet leur principale préoccupation. « Tout mon argent y passe confirme Hugo, étudiant en Lettres. Mais bon, c’est comme tout le monde. Mais heureusement, pour manger, il y a des aides, de la solidarité avec les assos de l’Université. »

Le problème du logement

Le logement, éternel point noir de la vie étudiante ? « Les possibilités d’accueil du Crous, soit 4.500 logements, ne répondent pas à la demande, toujours plus importante, reconnaît Lina Rustom, Directrice générale du Crous. Même si cette année, elle est légèrement moins tendue car beaucoup d’étudiants internationaux n’ont pas pu revenir, où ne sont pas encore arrivés pour des difficultés d’obtention de visas, détaille la directrice. La rentrée est par conséquent un peu échelonnée dans le temps. Cela permet de réguler l’offre. » Mais des « mesures spécifiques pour le logement sont en préparation, assure Caroline Zorn, vice-présidente de l’Eurométropole en charge de l’enseignement supérieur. Elles seront prochainement annoncées », promet l’élue.

Pour Lucie et Morgane, étudiante en Sciences du langage, rencontrées à la sortie du restaurant universitaire Paul Appell, c’est une bonne chose, même si elles reconnaissent avoir de la chance car leurs familles subviennent à leurs besoins. « Mais on a des amis qui ne peuvent pas avoir un logement alors ils rentrent tous les soirs chez leurs parents, même quand ils habitent très loin. C’est difficile. »

Les mobilités ? Un autre point qui grève les budgets étudiants. Si la mise à plat de la tarification des transports en commun est en cours, que la gratuité pour les moins de 18 ans et les 18-25 ans en situation précaire est dans les tuyaux, la priorité est donnée au vélo. Les étudiants boursiers, dans le cadre des aides liées au Covid-19, bénéficient d’une offre spéciale sur les « Vélhop » explique l’Eurométropole. Avec un forfait de location à 10 euros pour l’année en cours, soit le mois à 1 euro. Toutefois, pas de changement pour les non boursiers qui bénéficient tout de même d’un tarif étudiant, soit 4,20 euros par mois.

Côté santé, des kits menstruels pour les étudiantes en difficulté vont être distribués. Une première tournée de 1.050 kits est prévue pour la semaine du 28 septembre. D’autre part, une nouvelle distribution de masques réutilisables, plus de 10.000, vont être distribués aux étudiants les plus précaires.

Une explosion de la restauration

Mais ce sont surtout les repas à 1 euro pour les boursiers, des repas vendus dans les restaurants universitaires et les cafétérias du Crous, qui font un tabac. « Une explosion » de la restauration en soirée, relève Lina Rustom. Dans certains restaurants universitaires, « on a plus de 600 repas servis le soir, contre 250 à la même période l’an dernier. De quoi recréer des liens, du vivre ensemble », se félicite Lina Rustom. « Heureusement qu’il y a ça, confie Maguette, étudiant en histoire. Maintenant, je mange tous les soirs, parce qu’avant… »