Agression sexiste à Strasbourg : Où en est l'enquête ?

INVESTIGATION Les bandes vidéos sont visionnées mais ne sont pas toujours exploitables

T.G.

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Dans le centre d’information et de commandement de la police, à Strasbourg.
Dans le centre d’information et de commandement de la police, à Strasbourg. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Depuis mardi et le témoignage dune étudiante se plaignant d’une agression sexiste au prétexte qu'elle portait une jupe, les condamnations publiques de l'agression se multiplient.
  • « Il faut que la lumière soit faite sur ce sujet-là, que les coupables soient fermement sanctionnés », a lancé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.
  • Mais alors, où en est l’enquête ? « En cours », répond le parquet, qui évoque des heures d’images de vidéo-protection à analyser. Un exercice pas simple malgré les 500 caméras dispersées dans l’eurométropole.

Son témoignage n’est pas passé inaperçu. L'étudiante qui a révélé avoir été victime d'une agression sexiste vendredi dernier à Strasbourg fait depuis l’objet de toutes les attentions. Les actes malveillants des trois hommes qu’elle accuse ont été condamnés jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

L’exécutif a ainsi fait part mercredi de sa « condamnation absolue » de faits « déclarés très graves ». « En France on doit pouvoir sortir habillé dans la rue comme on veut (…) On ne peut pas accepter qu’aujourd’hui en France, une femme se sente en danger, soit harcelée, menacée ou frappée en raison de sa tenue », a complété le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal en appelant à ce que justice soit rendue. « Il faut que la lumière soit faite sur ce sujet-là, que les coupables soient fermement sanctionnés. ». Dans son témoignage, la jeune femme explique avoir été la cible de propos insultants et sexistes : « Regarde cette pute en jupe. »

Où en est-on justement dans les investigations ? A la suite du dépôt de plainte de la victime dimanche au commissariat central, une enquête a été ouverte pour « violences commises en réunion suivies d’une incapacité n’excédant pas huit jours ». Le dossier a été confié à la Sûreté départementale du Bas-Rhin.

« C’est une loterie »

Depuis ? « L’enquête est en cours », répond le parquet qui appelle à la patience au vu des heures d’images de vidéo-protection à analyser. L’exercice ne s’annonce pas simple. Environ 500 caméras sont disposées un peu partout dans l’agglomération et visionnées en permanence par quelques agents du centre de supervision vidéo (CSV) de l’eurométropole.

« Les images sont écrasées après 96 heures, d’où la nécessité de vite porter plainte, expliquait-on ce matin à l’hôtel de police, avant d’expliquer que cet appui vidéo « constitue une aide dans l’enquête mais n’est pas magique. » Toutes les caméras, qui ne peuvent être visionnées en même temps par des yeux humains tournent en effet d’un quart de tour « toutes les 30 secondes s’il n’y a pas d’intervention d’un opérateur ».

Il y en avait bien une au-dessus de la Médiathèque Malraux, à l’endroit où l’étudiante a été agressée vendredi. Mais rien ne dit que les faits aient pu être captés à ce moment-là. « C’est une loterie », résume un gardien de la paix strasbourgeois.