RC Strasbourg : Matz Sels blessé, enfin la bonne année pour Bingourou Kamara ?

FOOTBALL « Bing' » est de nouveau propulsé titulaire avec la grave blessure de Matz Sels

Thibaut Gagnepain

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Bingourou Kamara a encaissé deux buts samedi dernier à Saint-Etienne, dont un sur penalty.
Bingourou Kamara a encaissé deux buts samedi dernier à Saint-Etienne, dont un sur penalty. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • L’international belge gravement blessé au tendon d’Achille, Bingourou Kamara est le nouveau n°1 des gardiens du RC Strasbourg.
  • Une nouvelle chance pour l’ancien Tourangeau, arrivé en 2017 en Alsace et qui avait déçu pour ses premières sorties en Ligue 1.
  • A-t-il changé depuis ? « J’ai trois à quatre ans de plus, répond-il. Dans la vie d’un sportif, c’est déjà pas mal ! »

Le héros de la Coupe de Ligue 2019. Dans l’esprit de nombreux supporters strasbourgeois, Bingourou Kamara se résume encore à cette folle aventure. Le gardien avait impressionné pendant le parcours du Racing. Petit plaisir suprême, il avait bouclé l’affaire par un arrêt décisif aux tirs au but.

Depuis ? Le natif de Longjumeau (Essonne), 23 ans, était gentiment retourné dans l’ombre de Matz Sels. Cette saison, il aurait même dû repartir sur le banc, hors coupe, sans la rupture au tendon d’Achille du Belge mi-juillet. « J’étais préparé à jouer, même avant cette grave blessure », se défend l’intéressé, qui se retrouve donc propulsé titulaire. Enfin, seulement depuis samedi dernier à Saint-Etienne après deux premières journées passées… en quarantaine.

« Il est doué mais jeune »

« J’étais d’abord dégoûté mais après, j’ai relativisé car le covid-19 est une épidémie mondiale », explique ce beau bébé de 1,96 m. Un gabarit impressionnant et qui lui avait permis de se révéler à Tours, en Ligue 2, de 2014 à 2017.

« Je l’avais déjà à l’œil à cette époque-là, avoue Stéphane Cassard, le nouvel entraîneur des gardiens strasbourgeois et ancien titulaire du poste à l’Olympique de Marseille. Bing' me fait un peu penser à Brice Samba. Il est doué mais jeune, avec beaucoup de potentiel et une grosse marge de progression. Maintenant, c’est en jouant qu’il va franchir les paliers. »

Petit souci, l’ancien international espoir est très peu sur le terrain depuis trois ans. La faute à des débuts ratés sous le maillot alsacien, à 20 ans. « Je ne pense pas que c’était trop tôt mais on ne se rend pas compte, il y a un fossé entre la Ligue 2 et la Ligue 1, se défend-il, avant de faire preuve d’une belle lucidité. Je pense que c’est parce que j’étais immature que je n’ai pas fait de bonnes performances. »

« Je me connais mieux »

Ce vécu, Bingourou Kamara est allé en chercher chez ses partenaires d’entraînements, deux internationaux dont un (Eiji Kawashima) qui a disputé quatre Coupes du monde avec le Japon. « Je prends exemple des autres et ce que j’aime bien chez eux, je me l’approprie, résume le cadet du trio strasbourgeois. Et puis j’ai trois à quatre ans de plus. Dans la vie d’un sportif, c’est déjà pas mal ! J’ai plus d’expérience d’un point de vue global. Pas forcément sur le terrain, mais je me connais mieux, je sais davantage ce qu’il faut faire. Dans l’approche du métier de footballeur aussi. »

Les gants aux mains, le n°30 du Racing possède toujours la même grande qualité. « Une grosse présence athlétique. Il prend de la place dans le but, un peu comme Yo (Pelé) qu’on surnomme "L’Albatros" à Marseille », décrit Stéphane Cassard en parlant d’un « garçon très à l’écoute ».

« Mais il doit aussi progresser dans la présence, le commandement, le jeu au pied, dans les attitudes. C’est large parce que le poste de gardien de but est hyper complet et veut ça », ajoute l’ancienne idole de la Meinau. Je le répète, il va apprendre à chaque match. Il a une nouvelle opportunité qu’il doit saisir. » Dès dimanche (15 heures) contre Dijon sur les bords du Krimmeri, où le Racing visera un premier succès cette saison.