Strasbourg : Pour améliorer la qualité de l'air, l'eurométropole propose des aides pour changer de poêle à bois

SANTE L'eurométropole propose des aides financières de 600 à 1.600 euros

Thibaut Gagnepain

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Un vieux poêle à bois (illustration)
Un vieux poêle à bois (illustration) — Pixnio
  • La qualité de l’air s’améliore globalement dans l’eurométropole de Strasbourg « mais des dépassements de normes existent encore, notamment pour le dioxyde d’azote (NO2) ».
  • Parmi les indicateurs où la communauté de communes souffre, les particules fines. La faute, surtout, au « chauffage au bois chez les particuliers ».
  • En ce sens, l’eurométropole propose des aides pour les foyers qui souhaiteraient changer leur ancien poêle à bois.

Vous ne le saviez sûrement pas. Ce mercredi, c’est la journée nationale de la qualité de l’air. L’occasion de parler particules fines, dioxyde d’azote ou encore ozone. A Strasbourg, le sujet est confié à Atmo Grand-Est, qui surveille ça de près grâce à six stations fixes disposées au sein de l’eurométropole.

Résultat ? Depuis 2000, la situation s’améliore globalement. « Mais des dépassements de normes existent encore, notamment pour le dioxyde d’azote (NO2) », précise Emmanuel Rivière, le directeur délégué du gendarme local de la qualité de l’air. « L’impact de la fermeture de la raffinerie de Reichstett (en 2011) se fait sentir mais le transport routier reste à l’origine de près de 60 % des émissions », poursuit-il en évoquant une baisse des concentrations annuelles en NO2, « en baisse de 30 % depuis 2008 ».

Le chauffage au bois pointé du doigt

Autre indicateur de pollution où l’eurométropole est à la peine, les particules fines. « On est en dessous de la valeur limite mais juste au-dessus de la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) », résume le spécialiste en pointant le principal responsable de ces résultats : « le chauffage au bois chez les particuliers. »

C’est sur ce point que la communauté de communes a décidé d’agir. Depuis un an, elle propose une aide financière à destination des foyers qui décideraient de renouveler leur ancien poêle à bois. Si celui-ci constitue le moyen de chauffage principal de l’habitation et qu’il est antérieur à 2002, l’enveloppe pourra alors aller de 600 à 1.600 euros selon les revenus.

Un objectif de 1.000 foyers

« On estime qu’il y a 10.000 foyers sur l’agglomération qui se servent principalement du bois, surtout en deuxième couronne, explique Françoise Schaetzel, vice-présidente en charge notamment de la qualité de l’air. Notre ambition est d’en aider 1.000 sur les cinq prochaines années. » Pour un budget total de 1,6 million d’euros.

L’opération n’a pour le moment pas suscité beaucoup d’intérêt. « On peut compter sur les doigts des deux mains ceux qui y ont eu recours mais la mesure a été interrompue pendant le confinement. A une période où les gens s’interrogent sur ce sujet », plaide l’élue en appelant aussi les citoyens à se rendre sur le site Internet dédié (chauffageaubois.strasbourg.eu)

« C’est une aide intéressante et facile à mettre en place, contrairement aux certificats d’économie d’énergie ou à la prime Rénov de l’Etat », réagit Fanny Salmeron, responsable client des « Cheminées Ehrhardt » en Alsace. « On estime aujourd’hui qu’environ 50 % du parc des poêles à bois date d’avant 2006. Leurs soucis, c’est qu’ils ne sont pas normés et qu’ils sont plus polluants en termes d’émissions de poussières. En changer chez un professionnel, avec le tubage, revient souvent entre 5.500 et 6.500 euros. Et nous avons un devoir d’explication auprès des clients. » Comme cette astuce : l’allumage du feu sera plus efficace et moins polluant s’il est effectué par le haut, et non le bas.