« Avoir de l’ambition pour l’Europe c’est avoir de l’ambition pour Strasbourg », déclare le secrétaire d’Etat Clément Beaune

EUROPE Le secrétaire d’Etat Clément Beaune était lundi à Strasbourg pour rappeler « l’attachement indéfectible de la France à Strasbourg comme siège du Parlement européen et comme capitale européenne »

Gilles Varela

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Le Secrétaire d'Etat en charge des affaires européennes, le 14 septembre à Strasbourg.
Le Secrétaire d'Etat en charge des affaires européennes, le 14 septembre à Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes

« Ce n’est pas un sujet qui concerne uniquement Strasbourg mais un engagement français et une ambition européenne avec Strasbourg », a déclaré Clément Beaune lors d’un point presse lundi dans la capitale alsacienne. Le secrétaire d’Etat en charge des affaires européennes a fait le déplacement lundi après l’annulation en septembre de la session plénière du Parlement européen, qui se tiendra une fois encore à Bruxelles pour cause de crise sanitaire. Une décision sur fond de bataille du siège qui avait suscité un tollé chez les « pro Strasbourg », bien moins nombreux il est vrai que les « pros Bruxelles ».

Ville où dans le même temps, dans son discours d’ouverture de la plénière, David Sassoli, président du Parlement Européen, a rappelé que sa décision avait été prise à regret « sur la base des informations fournies par les services et autorités médicaux français. » Fervent défenseur du siège à Strasbourg, David Sassoli a « salué chaleureusement le maire et le peuple de Strasbourg » ajoutant espérer y « revenir bientôt. »

De son côté à Strasbourg, devant la préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier, d’eurodéputés, de représentants des collectivités locales ou bien encore de la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian, Clément Beaune a martelé « l’attachement indéfectible de l’Etat, de la France au siège européen à Strasbourg ». Pour illustrer ses propos, le secrétaire d’Etat a déclaré que « ce n’est pas seulement une obligation juridique inscrite dans le traité, pas seulement une bataille défensive et encore moins une survivance du passé mais une ambition pour l’avenir. »

Des « actes concrets » espérés

Pas sûr que cela ait convaincu les Alsaciens. « La seule visite à Strasbourg, du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, ne constitue pas une réponse suffisante à cette crise de confiance de la part du Parlement Européen vis-à-vis de Strasbourg » reprochait le matin même de sa venue, une motion adoptée à l’unanimité par la commission permanente du Conseil départemental du Bas-Rhin. « Cette visite ne peut pas être la compensation du dommage démocratique, économique, politique ou diplomatique qu’engendre ce nouveau report », avait ajouté la commission.

Car ce que veulent les « pros Strasbourg », qui connaissent depuis de longues années les discours prometteurs et flatteurs, ce sont des actes. « Des actes importants et tangibles, concrets et déterminants, qui doivent être engagés au plus vite par le président de la République », demande le Département.

Ce à quoi Clément Beaune promet notamment des compensations pour aller vite, d’étudier des « pistes concrètes » pour faire revenir les eurodéputés à Strasbourg : organisations de conférences du Parlement, discussions sur la durée, du nombre de jours, des sessions et de divers travaux à Strasbourg. « Nous devons être offensifs et positifs », clame le secrétaire d'Etat.