Les Don Quichotte ont trouvé un abri

Philippe Wendling

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Dans une petite salle transformée en réfectoire, ils sont quatre ou cinq à discuter le bout de gras autour d'une table et d'un micro-onde offerts par le centre Emmaüs de Mundolsheim. Couchés sur des matelas dans une pièce voisine, d'autres tentent de se reposer. La vie s'organise doucement dans le préfabriqué mis à la disposition des Enfants de Don Quichotte par la ville, début décembre. Situé rue des Foulons, à la Montagne Verte, le site était inoccupé depuis le transfert des bureaux de la Direction départementale de l'équipement (DDE), en novembre 2006. Il abritait hier 19 SDF, dont deux couples, dans le cadre du plan d'hébergement d'urgence hivernal. Tous campaient il y a encore un mois rue de l'Ain, sur un terrain municipal. Provisoire, le local fermera ses portes au 30 avril et devrait faire place à une aire de jeux.

« Le lieu est loin d'être parfait, mais il a l'avantage d'offrir des toilettes, des douches et un toit en dur non loin du centre-ville et d'une station de tram », explique Alexandre Glardon, président des Don Quichotte. « Et surtout, il est ouvert 24 heures sur 24, contrairement à d'autres dispositifs d'accueil », se réjouit Franck. Membre de l'association de défense des mal-logés, il a été embauché, comme cinq autres, pour jouer le rôle de médiateur et de veilleur au sein du local. « De plus, ici les animaux sont les bienvenus et les traitements médicaux sont plus qu'encouragés », poursuit-il. Parmi les occupants, plusieurs sont propriétaires de chiens, certains souffrent d'addictions. « Il ne faut pas se leurrer, précise Alexandre Glardon. On accepte ici ceux dont on ne veut pas ailleurs, des mecs très désocialisés. » Pour les aider à se stabiliser, un travailleur social leur propose un suivi au jour le jour. De son côté, l'association Espace indépendance tient une permanence sur les addictions deux fois par mois. Les Enfants de Don Quichotte souhaitent maintenant qu'un médecin vienne prodiguer des soins chaque semaine.