L'Otan au sommet, Fessenheim inspectée

Philippe Wendling

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La capitale alsacienne, centre du monde. Conformément au voeu de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le 60e anniversaire de l'Otan sera célébré à Baden-Baden, en Allemagne, et à Strasbourg, les 3 et 4 avril. Par cet événement, le chef de l'Etat français et la chancelière allemande souhaitent démontrer « l'importance de l'Alliance atlantique pour la paix en Europe ».

A Strasbourg, le sommet devrait se dérouler au Jardin des Deux-Rives et au Palais des congrès. Il réunira les vingt-six dirigeants des pays membres de l'Otan, dont Barack Obama, qui pourrait effectuer ainsi son premier voyage en France en tant que président des Etats-Unis. Sont également attendus trois mille officiels et autant de journalistes, ainsi que des milliers de policiers et d'opposants à l'Otan.

Dans le cadre d'une restructuration, Heineken fermera fin décembre la brasserie schilikoise Fischer. « Nous ne sommes pas assez compétitifs, explique Jan-Willem Kroonen, directeur du pôle Alsace du brasseur néerlandais. Nous devons moderniser nos outils de production, notamment en regroupant Fischer vers les sites de l'Espérance à Schiltigheim et de Mons-en-Baroeul (Nord). » Le démantèlement s'accompagne d'une suppression de 115 postes. Heineken va mettre en place un dispositif d'aide, comprenant notamment l'obligation de fournir au moins deux offres d'emploi à chaque salarié licencié. « Un minimum » selon la CGT, qui déplore que le brasseur « supprime des postes alors qu'il continue à faire du profit ». Parallèlement, Heineken entamera sa réflexion sur l'avenir des 4 hectares du site Fischer.

Le lieu de culte pourrait ne plus se faire prier. A l'arrêt depuis un an, le chantier de la Grande Mosquée du Heyritz « devrait reprendre en février », selon Fouad Douai, gérant de la société civile immobilière (SCI) en charge de sa construction. Pour ce faire, il envisage de rompre le contrat avec l'entrepreneur responsable des travaux, avec lequel il entretient un différend portant sur quelque 500 000 euros. Bien que ce dernier se dit prêt « à continuer son activité », la SCI a déjà contacté une société lorraine pour lui succéder.

En projet depuis onze ans, la mosquée se composera d'une salle de prière de 1 000 m2 réservée aux hommes et d'une mezzanine dédiée aux femmes. Elle pourrait accueillir les fidèles début 2010, si ses travaux reprennent en février.

Adieu Marc-Bloch, Louis-Pasteur, et Robert-Schuman. Bonjour, l'Université de Strasbourg (UDS). Avec la fusion de ses trois établissements d'enseignement supérieur, la ville dispose depuis le 1er janvier de la plus grande université hexagonale. Elle compte 42 000 étudiants, 2 545 enseignants et 3 000 personnels. Présidée par Alain Beretz, elle vise à offrir à Strasbourg une plus grande attractivité internationale. Sa phase de construction et « de consolidation » va s'étaler jusqu'en 2010. Dès ce mois, elle va élire ses trois vice-présidents, avant, entre autres, d'unifier ses dates d'examen au courant de l'année et d'installer sa direction rue de l'Université. L'UDS va aussi tester la loi d'autonomie des universités, qui permet une libre gestion des dotations de l'Etat et de fixation des frais de scolarité.

Mise en service en 1977, Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire française, connaîtra sa troisième visite décennale en octobre. Elle prendra la forme de 2 500 opérations de maintenance sur son réacteur n° 1 et une soixantaine de modifications. Des travaux similaires seront menés sur la seconde unité de production en août 2010. Les anti-nucléaires manifesteront à l'automne pour obtenir sa mise à l'arrêt définitive après son inspection. Une hypothèse jugée « très improbable » par le président de l'autorité de sûreté nucléaire. Et ce d'autant plus, qu'EDF, son gestionnaire, va investir 400 millions d'euros dans chacun de ses 58 réacteurs, afin de prolonger leur durée de vie au-delà de 40 ans.

Intégrée par Nicolas Sarkozy dans le plan de relance de l'économie, la deuxième phase du chantier de la LGV-Est devrait s'échelonner entre 2010 et 2014. Estimée à 2 milliards d'euros, elle permettra aux trains de circuler à grande vitesse entre Baudrecourt (Moselle) et Vendenheim, et ainsi de relier Paris depuis Strasbourg en 1 h 50. Reste pour cela à définir la participation financière aux travaux de l'Etat, de Réseau ferré de France et des collectivités. Bien que se refusant à tout calendrier, Claude Liebermann, en charge du financement de la ligne, avait indiqué en décembre espérer que la question soit réglée avant la fin du premier trimestre de cette année.